Un peu comme la dernière station-service avant l’autoroute, avant une autoroute qui s’annonce très longue voire interminable, cette semaine est la dernière ligne droite avant la reprise de mardi prochain, dans exactement sept jours. Au premier jour, je ne vais rien créer. Pas plus qu’au deuxième jour. Ni au troisième. Et au sixième jour, je tenterai de me reposer et au septième, je repartirai pousser mon wagon au fond de la mine, sans fleur et sans fusil. Avec la boule au ventre, je le sais déjà. C’est ainsi que soit-il. On a beau faire, on a beau dire, les choses doivent être vécues et pire, doivent être subies. On n’a pas le choix. Ou celui de déserter mais ça n’est pas la meilleure formule. Monsieur le Président, j’aimerais vous écrire une lettre pour vous dire que… mais je vais m’abstenir.

En même temps (clin d’œil), je me trouve des excuses, des raisons et des sources d’un semblant de motivation. Il faut que je me convainque moi-même (joli, le subjonctif, non ?) que ça va ne va pas trop mal se passer. Attention, je n’ai pas dit « bien se passer », ce qui n’est malheureusement pas la même chose. Il va falloir que je prenne mon mal en patience et que je fasse le dos rond, que je courbe l’échine et que je compte les heures et les jours. Et les semaines et les mois. Comme un prisonnier qui n’attend plus qu’une chose : le jour de sa libération. Une espèce de terre promise. Une étoile provisoirement inaccessible. Mais je sais qu’un jour viendra, oui, un jour viendra où je pourrai m’éclore de nouveau et tenter de m’envoler vers une nouvelle vie, que j’espère plus calme.

Dans les choses que je me dis et qui peuvent me donner un peu de courage, il y a, entre autres, le fait que ce sont peut-être mes dernières vacances de printemps avant d’arrêter de travailler. Peut-être que l’année prochaine, les ponts du mois de mai ne seront plus qu’un presque lointain souvenir. D’autant que moi, depuis que je suis dans le poisson, dans ses eaux troubles, je ne sais pas très bien ce que sont les ponts, je travaille si souvent, les jours fériés et leur lendemain. Peut-être que dans un an, je serai un peu décontenancé de ne plus savoir quel jour on est car tous les jours vont se ressembler. Mais j’ai peut-être, certainement besoin de ça, finalement. D’une hyper-routine. D’une pseudo-liberté. Celle qui va avec l’âge qui avance plus vite que le monde autour de soi.