Ça y est, elle est revenue, la Pomponette ? Après avoir fugué pendant cinq jours, trois heures, vingt-huit minutes et quarante-sept secondes, environ. Elle est partie, comme ça, sans prévenir. Sans doute qu’elle a eu le feu au cul et elle s’est dit que tant qu’à faire, mieux valait s’en occuper tout de suite sans se préoccuper des autres. Des autres qui se sont fait un sang d’encre de seiche mais les autres, la Pomponette, elle s’en fout. Elle est égoïste, Pomponette. Il n’y a que sa petite personne qui compte, le reste, c’est de l’accessoire, du négligé, de la roupie de chansonnette ( !)

Et si ça se trouve, elle va encore nous faire le gros ventre, après avoir crié au sexe pendant cinq jours, trois heures, vingt-huit minutes et quarante-sept secondes, environ. Et après, qui c’est qui devra s’en débarrasser, des petits ? Ça, Pomponette, ce n’est pas son problème. Rien n’est son problème, pourvu qu’elle ait à manger, un toit pour quand elle ne veut plus être dehors et un mâle, de temps en temps, le reste, ça n’existe pas. Ça n’est pas. Et la Pomponette, elle est là, elle fait sa belle, la queue en l’air et elle ne se doute de rien. Elle est le centre de son monde. De l’univers.

Oui, c’est vrai, je suis revenu du Pays Basque. Oh, juste quelques jours de vacances, un peu plus de cinq plus trois heures, vingt-huit minutes et quarante-sept secondes, environ. Mais je n’ai rien d’une Pomponette. Je ne suis pas parti pour courir le guilledou ni quelconque autre mâle en chaleur. J’étais juste en petites vacances. Et je suis rentré hier après-midi. Les choses vont reprendre leur place et leur cours normal. Même moi. Malgré moi. Mais j’ai encore une semaine avant la prochaine reprise.