Ce que j’aime dans le Pays Basque, c’est à peu près la même chose que j’aime dans la Bretagne et dans la Corse (ces deux dernières étant citées par ordre alphabétique – je ne voudrais froisser personne) : ce sont des pays avec des caractères bien affirmés. Probablement parce qu’ils sont à un bout de la France, chacun à leur façon. Je ne sais pas trop comment le dire mieux que ça. J’aime tout, dans le Pays Basque, que ce soit la géographie (une nature exceptionnelle), que les villages et les villes (une architecture et des couleurs qui me parlent) et les coutumes (entre autres, la cuisine) mais j’aime aussi le côté encore plus exotique que n’importe quelle autre région de notre pays. Ça tient principalement à la langue basque, particulièrement éloignée de la nôtre. Le français a beaucoup de racines gréco-latines, anglo-saxonnes et même germaniques alors que le basque, c’est vraiment une langue à part, telle qu’il n’en existe pas d’autre.

Dans les milieux autorisés, il se dit que c’est une langue qui serait antérieure à l’indo-européenne dont sont issus le français et l’espagnol. Et il y a très, très peu de mots communs entre le basque et ses langues voisines, ce qui le rend si difficile à apprendre. Et à lire. Il existe même une légende qui dit que « Lapurdi probintzian zazpi urte eman ondoren, deabruak ezin zezakeen bi hizkuntzatako hizkuntzaren zailtasuna ezagutu: Bai, Bai eta Ez, ez, hitzak, gainera, ahaztu egin zitzaizkion Saint-Esprit zubia Baionara igarotzean, Euskal Herrira alde egiteko. » Si avec ça les choses ne sont pas plus claires pour tout le monde, c’est à désespérer. Je ne sais pas si vous avez remarqué mais il y a beaucoup de K et de Z, dans la langue basque. Nettement moins dans un jeu de Scrabble français où il n’y en a qu’un de chaque. Ça doit donc être particulièrement difficile de jouer au Scrabble en basque avec un jeu français. Et l’inverse est totalement réciproque.

J’aime aussi beaucoup les chants basques (Euskal abestiak ere gustatzen zaizkit) et j’ai un souvenir précis de ma première fois dans les montagnes de l’arrière-pays, entre Itxassou et Saint-Jean Pied-de-Port, à la fin des années 80 ou au début des années 90, il faisait brumeux, presque frais alors que nous étions encore ou déjà en été (juin ou septembre) et nous écoutions un CD de Peio Serbielle et sa voix accordée à cette musique prenante, ça m’avait mis les poils, comme on dit, un peu vulgairement. J’ai toujours ce souvenir en tête et ça continue de m’émouvoir aussi longtemps après. Et j’aime aussi la nourriture, de nombreuses spécialités culinaires tant du côté espagnol que français. Mais ça, il n’est pas du tout interdit que ça soit pour une autre fois. Aujourd’hui, je vais rester dans l’exaltation de certains souvenirs. Ceux de ma première fois dans la région. Ceux de quand j’avais entre 25 et 30 ans de moins. Un temps que les moins de vingt…