Non, vous n’y couperez pas non plus dans ce blog, dans cet espace privé. Ce soir, mesdames, mesdemoiselles et messieurs, avec un peu de chance mais surtout beaucoup d’objectivité de la part des votants, la France pourrait bien se classer au 63ème concours Eurovision de la Chanson principalement anglais. Pourquoi on y croit un peu plus que d’habitude, cette année ? Parce que je crois qu’on a plusieurs atouts imparables : une chanson efficace qui, même si elle est écrite et interprétée en français, intitulée Mercy (miséricorde en anglais) mot qui peut être universellement compris. Parce que les membres du duo sont vraiment charismatiques et originaux, ils ont un look et un certain talent. Parce que le final, où les deux chantent Mercy, Mercy, en levant une main en rythme, tous les doigts écartés, ça, c’est très fédérateur. Parce que ce texte est un message d’espoir, est un poème humaniste. Oui, je sais, d’aucuns, toujours les mêmes grincheux, trouveront bien à y redire, contre les migrants mais là, on parle d’une forme d’art même si ce dernier peut être considéré comme mineur par les puristes.

Je suis née ce matin, je m’appelle Mercy 
On m’a tendu la main et je suis en vie 
Je suis tous ces enfants que la mer a pris 
Je vivrai cent mille ans, je m’appelle Mercy

Mercy Mercy 
Mercy Mercy 
Mercy Mercy 
Je vais bien, merci 
Mercy Mercy 
Mercy Mercy 
Mercy Mercy
Je vais bien, merci 

En plus, ça se passe à Lisbonne, dans un pays ami. Dans une ville que j’ai découverte en 2016 et qui a été un énorme coup de cœur pour moi. En plus, on est de bonne humeur malgré le temps pourri. Peut-être que ce foutu temps de fin d’automne alors qu’on est mi-mai serait une compensation un peu grise pour une victoire qui serait colorée. Allez, nous sommes la France qui gagne. Montrons au monde, du moins, à l’Europe, que nous sommes également les meilleurs dans la chanson de variétés,  cette année. Depuis le temps... Le président n’est pas d’accord avec moi. Pas d’accord avec Madame Monsieur. Tant pis pour lui. Moi, cette chanson me fait du bien même si je reconnais volontiers qu’elle est vite entêtante. Justement, c’est peut-être une des clés pour gagner, ça aussi. Allez, Émilie Satt et Jean-Karl Lucas, n’écoutez pas un président qui ne sait que ronchonner, écoutez-moi plutôt moi. Je suis de tout cœur avec vous pour deux. Et ma foi, si d’aventure, ça n’était pas la première place tant espérée depuis 41 ans, vous n’aurez pas démérité. Et quoiqu’il en soit, je serai, nous serons fiers de vous.