Je me tâte, je me palpe et je me tripote. Je parle de mes neurones, bien sûr. S’il s’agissait d’autre chose, il est évident que je n’en ferais pas état ici avec tout ce qu’on sait sur les traces que ça laisse. Les réseaux sociaux. Oui parce que tenir un blog, c’est faire du réseau social. Sauf que moi, avec le peu de lecteurs que j’ai, il y a somme toute assez peu de risques qu’on me remarque. Et qu’on se souvienne de moi. Ici, en tout cas. C’est vrai, ça tous mes lecteurs tiennent sur les doigts de mes deux mains, les deux index et l’auriculaire gauche non compris. Donc, si je ne me trompe pas, ça fait sept personnes qui me suivent plus ou moins régulièrement. Presque le record du plus petit nombre d’abonnés. Quelque part, ça me met en valeur, je trouve. Ça me fait sortir du lot.

Je disais donc, avant que l’un de vous (mais qui ?) ne m’interrompe, que j’étais en train de me tripoter les neurones. Machinalement. Par réflexe, si je puis dire. Parce que je ne sais pas encore ce que je vais faire de cette après-midi qui commence à peine. Vais-je succomber à la facilité et me laisser aller dans les bras d’un relax sur la terrasse ou dans ceux du canapé du séjour ? Ou vais-je sortir de ma coquille pour aller, soit au cinéma, soit juste marcher en ville. Et aviser sur place. Prendre une décision en fonction de l’instant présent, ici, là-bas ou ailleurs, mais pas chez moi. Histoire de ne surtout pas me sentir reclus. Jamais. Je suis un homme libre et en tant qu’homme libre, toujours je chérirai ma mère. Ça doit être à peu près ça. Un aspect de mon indépendance.

Quelques phrases après avoir énoncé les possibilités qui s’offrent à moi, j’en suis toujours au même point mort mais pourtant, bien vivant. C’est le point qui est mort et moi qui respire encore. Tiens, ça rime. À peu de chose pour ne pas dire « à rien », mais ça rime. Et quand ça rime, c’est déjà  un peu de la poésie. Et alors, ça ouvre des perspectives. Des horizons. Des mondes parallèles. Tiens, voilà, c’est ça que je devrais faire, là, maintenant, c’est d’en pénétrer un. Un de ces mondes parallèles. Et pourquoi ne pas écrire quelques vers pour dire ce que je ressens ? Ça ne m’occupera pas pendant des heures mais au moins, j’aurais fait quelque chose de peut-être un peu plus intelligent que le reste. Et sans doute plus hermétique. Bon, j’ai beau me tripoter les neurones, je n’arrive pas à me décider.