Je vous jure que ce n’est pas moi qui l’ai dit. Je ne sais pas qui c’est mais ce n’est pas moi. Si c’était moi, je le saurais, quand même et comme je ne suis pas du genre à me défiler (en tout cas, jamais le 1er mai mais pourquoi pas le 14 juillet ?) et en plus, quand on me dit de ne rien dire, de ne pas le répéter, je suis une véritable tombe. Ce qui se justifie par mon deuxième prénom : Pierre. Oui, parce que Pierre tombale (rien, à voir avec Arielle !)

Non, mais en tout cas, même si je n’avais rien demandé, je suis content d’avoir appris ça parce que de ça, on n’en parle pas dans les médias. Ni dans la presse écrite, ni à la télévision. Mais avoir appris ça, je vous jure que ça m’a scié. Bon, j’avais bien des doutes mais je n’étais sûr de rien. Sinon, ça n’aurait pas été des doutes mais des certitudes. Et je sais très bien faire la différence entre les deux. Tout comme le fait que j’en ai sur l’indic qui m’a donné l’info.

Je peux bien vous le dire, vu que je ne l’ai pas gardé. Étant donné que je venais juste de l’embaucher pour me curer l’oreille et la narine gauche, quand j’ai entendu qu’il répétait plein de choses a priori plus ou moins confidentielles, j’ai bien senti que j’avais intérêt à ne rien lui confier. Rien d’autre que les deux petits orifices concernés. Sinon, va savoir s’il n’allait pas répéter ce qu’il vient me faire à tous ses camarades de fac. Au lieu de réviser pour ses examens.

Oui, donc, c’est bel et bien son petit doigt qui m’a dit ce que je ne savais pas et que je n’ose pas écrire ici. Je ne voudrais pas qu’on me prenne pour quelqu’un qui ne sait pas tenir sa langue. Vous me connaissez, je ne suis pas du genre à dire du mal des autres. Uniquement de ceux que je n’aime pas un peu, beaucoup, passionnément… Les autres, jamais. Je les aime et je les respecte. Mais dans ce cas précis, je préfère me taire.

Et m’en tenir au motus et à la bouche cousue. En tout cas, le jeune étudiant bavard qui est venu s’occuper de moi, il ne savait pas à quel point, un mec de mon âge, un mec mûr pouvait entendre tout ce qu’on lui dit même à voix basse. Un mûr qui a des oreilles. J’en suis un. Et comme il n’y a pire sourd qu’un pot qui ne veut pas entendre… En tout cas, je peux vous faire une confidence : je ne sais pas comment terminer l’écriture de ce billet.