C’est vrai qu’hier, dans le billet d’anniversaire pour ma maman, j’ai parlé de roses blanches et j’ai déposé des photos de roses multicolores. Un nouveau paradoxe chez moi ? Je n’en suis plus à un près. Mais ça s’explique ainsi : les roses blanches de la chanson du même nom (comme Aga), elles ont un arrière-parfum d’une tristesse incommensurable. Alors que moi, je voulais rester dans quelque chose d’un peu plus joyeux. Alors, j’ai ajouté de la couleur à ces gros bouquets de fleurs. Mais, après coup, après la publication, une fois que j’étais déjà passé à autre chose, je me suis dit que j’aurais pu mentionner celles de Corfou. Les roses blanches de Corfou.

Car il me semble que maman les aimait, ces roses blanches de Corfou. Qui chaque nuit font penser à vous. Un vous et un temps que les moins de vingt ans n’ont pas forcément envie de connaître. Ça leur passera largement au-dessus de la tête. Il faut les comprendre, un bateau qui s’en va, des fiançailles qui se mettent en pause le temps d’une absence pour une durée indéterminée et voici que ces roses blanches, à Corfou, permettent à la belle de prendre patience. Leur parfum la sauve d’une certaine mélancolie. Chaque nuit, je pense à vous… On peut se demander, d’ailleurs, depuis le temps, si les deux amoureux ont fini par réussir à se retrouver et à se marier.

Une autre chanson que maman aimait beaucoup, c’est celle du coin de terre et de l’olivier. Je crois que c’est la seule fois de ma vie où je l’ai vue prendre rapidement note des paroles du refrain. Je ne me souviens plus du tout de l’air des couplets mais je suis parfaitement capable d’interpréter le refrain : un coin de terre, un olivier, un peu de vigne et notre liberté, un peu de ciel et notre amour et du soleil pour faire chanter les jours. À l’époque, ça ne devait pas vraiment être facile et maman devait s’évader avec cette ritournelle entraînante dans laquelle il est question de mariage. Peut-être celui de la belle de Corfou qui attendait le retour de son amoureux ?