Un nouveau jour s’est levé, ce matin, mais après moi. Car moi, je me suis levé avec un reste de nuit sur les bras. Un peu contre ma volonté. Comme si j’étais quelqu’un de généreux alors que moi, à 6h, le lundi matin, j’ai juste envie de prendre mon temps pour respirer, seul, pendant que la ville dort encore un peu. Pendant que le monde est au niveau zéro du bruit. Pendant que nombreux sont qui soupirent d’aise d’être encore au lit. Pendant que d’autres, ne savent rien faire d’autre que des borborygmes, des raclements et des ronflements mais ça m’est égal, je ne les entends pas. Je suis sourd à toute nuisance, moi, au moment de l’aurore. À ce premier crépuscule quotidien. Un moment qui m’appartient comme le monde m’appartient. Un moment où je suis le seul qui existe. Comme sur une île déserte.

Je ne savais pas si je devais me sentir bien après une énième nuit mouvementée, pleine de réveils intempestifs. Je ne savais pas mais souvent, quand je me lève, le dimanche et le lundi, je suis dans cette espèce de valse-hésitation et cet étonnement permanents : je suis encore en vie. Pas totalement très bien en vie mais en vie quand même. En sursis, comme tout le monde. Suis-je heureux d’être encore en vie ? Je le serais certainement si je pouvais maîtriser deux ou trois choses qui  me la gâchent. Et ces histoires d’horaires nocturnes, au travail, en font partie. Alors, je me suis levé en ne sachant pas trop quoi. Mais j’étais sûr d’au moins une chose : j’allais commencer à prendre tout ça en mains. Reprendre le pouvoir. Je n’ai plus envie de laisser le volant à ceux qui ne savent pas me conduire.

Et puis, et puis cette pesanteur qui m’est tombée dessus pendant tout le reste de la journée, même encore maintenant, à un peu plus de 16 heures passées. Je suis allé dans la rue et j’ai tendu la main : s’il vous plaît, un peu de vie meilleure, s’il vous plaît !... Je crois que j’ai mis le doigt dans le bon engrenage et ce qui adviendra sera bon pour moi. Du moins, ça sera moins pire. Ce sont mes résolutions du vingt avril. Et des jours qui suivent. Ma révolution est en marche et elle laissera forcément des traces. Mais toutes les traces ne sont pas négatives. Elles pourraient ressembler au printemps : pleines de nouvelles couleurs. Elles pourraient pétiller. Et tant pis si j’ai la gueule de bois, après. De toute façon, je l’ai déjà tous les jours, sans avoir fait la fête. Bon, voilà, c’est tout ce que j’ai à dire pour aujourd’hui. Demain sera un autre jour.