On a aussi le droit d’abuser un peu. Si tant est que ce serait abuser que de prendre une pause. Dans la mesure où en plus, on me décompte 30 minutes par jour, j’ai bien le droit d’en prendre cinq ou dix, incluses dedans, pour écrire le billet du jour à publier tout à l’heure dans mon blog, quand je serai rentré chez moi. Et quand j’aurai déjeuné. Et quand j’aurai rangé la cuisine. Et quand j’aurai l’esprit un peu plus libre. Disponible comme l’air. Et alors, comme ça, j’aurai rempli un creux dans mon emploi du temps, celui de mon travail car franchement, c’est mou, aujourd’hui. Ce n’est pas étonnant car c’est comme ça tous les mercredis mais aujourd’hui, j’ai l’impression que ça l’est encore un peu plus que d’habitude. Peut-être parce que moi-même, je suis un peu, beaucoup, passionnément ramolli. Et comme tout doit se cumuler. Un doigt dans le cumul, quoi !

Aujourd’hui, comme c’est lent, j’ai des revendications qui me poussent sur le crâne et au bout des doigts avec lesquels je pianote sur le clavier de mon ordinateur. Des revendications de saison puisqu’il semble bien que tout le monde en ait à revendre, des réclamations, des demandes et des rouspétances. Si tout le monde en a, pourquoi pas moi, hein ? C’est ça qui serait juste. Alors, comme il n’y a pas de raison que je sois à la traîne des autres, je vais les dire, mes revendications. Je vais les crier haut et fort : non, non, non ! Oui, oui, oui ! Non, non, non ! Et non ! Encore ? Non, non, non ! Oui, oui, oui ! Non, non, non ! Si avec ça, personne n’a compris que je n’étais pas d’accord sur ça et que je voulais ça à la place mais pas ça, alors, c’est que vraiment, mes propres mouvements sociaux ont du mal à trouver leur place parmi les nombreux autres qui nous ont envahis.

Comme de la mauvaise herbe. Et au lieu de parler de chienlit, si ça se trouve, De Gaulle, il voulait dire chiendent. Oui, c’est ça. Le printemps est propice à l’expansion du chiendent. Et si on ne lui coupe pas l’herbe sous le pied, c’est comme si on leur proposait un doigt, ils nous prennent la main et après d’ici à ce qu’on la retrouve dans la culotte d’un de ces zouaves, il n’y a qu’un pas. Je vous en prie, messieurs, non, mesdames et messieurs, nous n’avons pas gardé les moutons ensemble ! Cessez ces familiarités et rendez-moi ma main ! Non, non, non ! Oui, oui, oui ! Non, non, non ! Mais je me fais peur tout seul. Je ne me reconnais pas vraiment dans celui que je suis en de décrire, aujourd’hui. Bon sang, mais c’est bien sûr. J’ai dû être contaminé alors que je me croyais protégé. Syndicaliste de mes-deux, sors de mon corps, je te prie et ce n’est pas la peine de discuter. On ne discute pas avec moi.