Dans certains couloirs, il se dit qu’il se peut qu’elle ne revienne plus. Peut-être même plus jamais. Plus jamais de la vie. Et alors ? Et alors, que vais-je devenir, moi ? Mis à part le fait d’acquiescer en opinant de la tête sans montrer que j’en sais plus ce que je veux le faire croire… Histoire de donner le change. Et de ne pas éveiller d’éventuels soupçons. Parce que, en dehors de ce blog, où je me suis permis de vous faire quelques confidences, personne n’est au courant. Personne d’autre. Il y a des secrets qui méritent d’être très, très bien gardés. Et le mien fait partie de ceux-là. Zzzzzz... Ooups, j’ai failli m’endormir en écrivant… Il y a longtemps que ça ne m’étais pas arrivé, ça, tiens !...

Pourtant, je m’étais dit que j’allais écouter l’intervention d’Emmanuel Macron sur TF1, au journal de Jean-Pierre Pernaut. Eh bien, malgré moi, je me suis assoupi au moins trois fois pendant l’interview qui est en train de se terminer. Assoupi trois fois. Si j’avais été au volant de ma voiture, ça aurait pu être très dangereux mais là, j’étais au volant de mon canapé préféré. Au pire, je m’endormais carrément et basta ! De toute façon, je ne risquais aucune collision avec personne. Si ce n’est, accessoirement, avec mes propres démons mais non, je suis capable de dormir du sommeil des justes. Avec ma conscience pour moi. L’âme tranquille. Mais, d’ailleurs, à propos d’âme…

Je suis en train de réaliser que je n’ai pas vu celle d’Aurélie, quand je l’ai tuée, découpée et dépecée avant de la passer au four à micro-ondes. Si ça, ça n’est pas un bon mobile pour se débarrasser de quelqu’un : il ou elle n’a pas d’âme, sa disparition n’aura aucune conséquence sur l’ordre du monde. C’est un peu malheureux à dire mais c’est ainsi. Soit-il. Je reconnais aussi que je ne pouvais pas le savoir avant mais j’avais des doutes. Pardon, monsieur le directeur ? Vous êtes en train de tenter de l’appeler pour avoir de ses nouvelles ? Et vous tombez tout de suite sur son répondeur ? Oui, oui, on dit qu’il se peut qu’elle ne revienne plus. Moi, je dis ça, je ne dis rien. Allez, je file dormir. Au lit, cette fois.