En gros, je n’ai pas le choix, si j’ai bien compris. C’est comme ça et pas autrement. C’est dommage. C’est vrai, ça, il aurait pu y avoir concertation et alors, les choses auraient pu se passer différemment mais là, non, manifestement, ce n’était pas le propos. Ni le but. Alors, contre mauvaise fortune, bon cœur, je n’ai plus qu’à incliner mais pas trop pour ne pas prendre le risque de tomber la tête la première dans une espèce de fosse ténébreuse. Tous les trous ne sont pas accueillants. Et qu’on n’aille pas imaginer que j’ai l’esprit mal tourné. Ou que ce soit la moindre revendication potentielle. Quand je parle des trous peu voire pas accueillants, c’est juste pour ne pas utiliser l’expression « la proie pour l’ombre » alors que j’aurais pu le faire. Mais là, je digresse. Il y avait bien longtemps, tiens !...

J’étais juste en train de dire que je n’avais pas eu le choix alors que si on m’avait demandé mon avis, j’en aurai évidemment eu un différent de celui qui a été choisi. Et comme je suis beau joueur, je vais donc accepter que ce ne soit pas le mien qui ait été validé et me conformer à la majorité. Contre mauvaise fortune, bon cœur. Il n’empêche que je me connais, je vais ruminer les choses jusqu’à ce que je finisse par les digérer ou les oublier. Mais quelque part, au fond de moi, si ça se trouve, j’y penserai toujours un peu, de temps en temps. Comme quelque chose que je n’aurai jamais complètement assimilé. Mais qui ne me rendra ni malade, ni malheureux pour autant. Non, juste un petit regret, parfois. Un petit pincement au cœur. Et une sensation diffuse de ne jamais me faire bien entendre.

Ça n’empêche pas de vivre. On ravale son amour-propre et on fait sans. Je persisterai dans mon idée première, celle que j’avais raison et que les autres ont eu tort mais ils s’en rendront probablement compte. Sauf que ça sera trop tard. Et la fois suivante, si on me demande mon avis, je m’abstiendrai. Ou j’attendrai que les autres aient donné le leur. Et là, je déciderai de me prononcer ou pas. Parce que, si on reste silencieux, on a moins de risque d’être déçu. Ou contrarié. Bref, comme on dit dans ce genre de situation, on ne va pas passer le réveillon là-dessus. Je n’en pense pas moins mais la vie continue. Je sais ce que je sais, je sais que j’ai raison de penser ce que je pense et les autres, après tout, qu’ils aillent se faire voir ailleurs. Moi, j’ai ma conscience pour moi. Mais franchement, si j’avais le choix, ça ne se serait pas passé comme ça.