Je vous assure que je viens de l’apprendre, à 14h30, en ce premier jour de printemps 2018. Il y a encore dix minutes, je ne savais rien de tout ça. Mais franchement, je me demande même comment j’ai pu vivre pendant 58 ans et quelques mois sans avoir cette connaissance dans mon bagage culturel. Mais bon, ça prouve surtout qu’on peut en apprendre tous les jours et à n’importe quel âge. Je viens donc d’apprendre que le viagra permettait aux hamsters de mieux supporter le jet lag (décalage horaire) entre New York et Paris. Juré, craché. Mais pas par terre parce que ça n’est pas très propre. Je critique toujours ça chez ceux qui le font, alors, je ne vais pas m’y mettre, chez moi.

Imaginez donc un peu la chose. Il y a des gens, des scientifiques, forcément, qui ont décidé, un beau jour, ou peut-être une nuit, près d’un lac… Qui ont décidé de donner du viagra à un hamster. Et comme ça n’avait pas l’air de faire grand-chose, ils se sont dit qu’il fallait peut-être pousser l’expérience un peu plus loin. Alors, ils ont réfléchie et au bout d’un certain nombre de flops, ils se sont dit que ça ne servait à rien de tester ce médicament sur ces rongeurs et ils ont donc abandonné l’idée de poursuivre dans cette direction. L’un d’eux est rentré chez lui de New York à Tokyo et il n’a rien constaté. Mais un autre s’est dit que c’était trop bête de ne pas tenter encore autre chose.

Mais non, rien ne s’est produit de mieux pendant des mois jusqu’à ce qu’ils se retrouvent à New York, avec leurs hamsters gavés de viagra, en érection permanente. Mais ça, ils s’en moquaient totalement. Et de nouveau, rien d’extraordinaire ne sortait de leurs recherches. L’un d’eux a dit que peut-être que le hamster n’était pas la bonne bestiole à tester. Qu’ils devraient envisager autre chose. Mais un parisien, un peu lassé, est rentré chez lui. Et, complètement crevé, une fois à Paris, il s’apprêtait à aller se coucher quand il a vu Roger, son rongeur favori, excité comme une puce malgré les 10 heures de voyage (taxi, avion, taxi et tout le toutim…)

Là, il s’est dit que c’était étrange, probablement un effet des hôtesses de l’air sur l’animal mais il est tombé dans un sommeil profond car il supportait mal le décalage horaire dans ce sens-là. Quelques semaines après, il est parti au Brésil avec Roger, pour deux semaines de vacances, toujours en le gavant de pilules bleues mais encore une fois, le rongeur n’avait aucun signe particulier par rapport à ses habitudes. Il a fait un crochet par New York pour saluer deux de ses anciens collègues qui étaient passés aux expériences du viagra sur des anguilles et il les a félicités de leur opiniâtreté sans vraiment y croire, à leur réussite. Ciao les gars, bon courage et tenez-moi au courant.

Là, on vous le donne en mille : le scientifique arrive exténué à Paris et voit son hamster courir dans tous les sens, dans la petite roue de sa cage. Dans tous les sens, pas vraiment mais sans cesse, sans cesse, sans cesse. Là, notre homme s’est dit que c’était vraiment incroyable. Roger semblait être très sensible au viagra, enfin, mais uniquement pour le laisser dans une forme olympique après un vol New York-Paris. Pas entre Rio et New York ni d’autres villes mais bel et bien entre New York et Paris. Très fier de sa découverte, il s’est quand même demandé à quoi ça allait servir. Et moi aussi.