Et si, lui aussi, il avait décidé de déposer un préavis de grève ? C’est vrai, ça, avec la grande journée nationale de jeudi plus toutes celles qui vont suivre ponctuellement, comme celles de la SNCF, on peut s’attendre à tout même au pire. Oui, enfin, même au pire, c’est une vue de l’esprit car le pire est peut-être déjà là. Le ver est probablement déjà dans le fruit. Mais il y en a tant qui semblent aimer ça. Sauf que pas moi. Non, pas moi. Je ne fais pas partie de ces nantis, de ces privilégiés qui peuvent abuser du droit de grève. En plus des autres avantages dont ils bénéficient. Et ça me met en colère de voir ce qui nous attend. La grève ? Je suis pour à condition qu’elle soit celle du zèle mais sinon, évidemment, je me demande si je ne serais pas un peu, beaucoup, passionnément contre.

On ne va pas remuer le couteau dans la plaie ? Si, mais juste un peu. Juste un doigt. Juste un Brie doux. Pour une fois, c’est officiel, la SNCF vient de publier un calendrier des grèves à venir. Enfin, on va savoir à quoi s’en tenir. Je me demande juste si les grèves auront du retard, elles aussi, comme les trains. Je sens qu’on touche des sommets d’absurdité mais on est loin de l’humour de Raymond Devos, hélas. La SNCF ne me fait jamais rire. Vraiment. Et j’aimerais vraiment que les choses bougent, cette fois, qu’on en finisse avec cette mentalité déplorable et en plus, geignarde parce que là encore, pour se plaindre, ils sont sur le podium. Tout ce qu’ils ont gagné, là, aujourd’hui, c’est une image quand même assez négative. Tout le monde doit faire un effort. Sinon, c’est injuste.

Et il y en a un autre que j’ai dans le collimateur, depuis quelques jours et je vais profiter de ma mauvaise humeur de ce lundi matin, 7h15 : c’est le printemps. Lui, normalement, il prend son service demain mais si j’en crois la rumeur qui circule (à défaut des trains, des avions et des métros, jeudi prochain et encore après), il se pourrait que lui aussi ait déposé un préavis de grève. On ne connaît pas ses revendications mais je ne sais pas pourquoi, j’ai comme une mauvaise intuition qu’elles sont aussi irrecevables que celles des autres nantis qui vont prendre leur journée du 22 mars. Alors moi, le printemps, il ne me fait pas peur, même s’il est syndiqué : je vais le regarder droit dans les yeux et je vais lui dire ce que je pense. Et j’irai même jusqu’à lui dire qu’au fond, je m’en fous. Tout compte fait.