Hier soir, alors que je sortais de chez moi pour me rendre en ville en vue d’assister à une représentation du Requiem de Mozart, à l’Auditorium, je partais dans la direction de la petite rue Dupaty où j’avais soigneusement et intelligemment stationné ma voiture, pas dans le parking de mon immeuble, pour une fois, afin d’éviter les éventuels bouchons en sortant de chez moi. Ainsi, je m’évitais un bon quart d’heure de roulage au pas et de feux éphémères. Sauf qu’en arrivant au coin de cette fameuse rue Dupaty, je ne la vois pas. Je ne la vois plus, ma voiture. À la place, il y a une grosse semi-remorque en train de décharger de la marchandise pour Intermarché, situé à cet endroit aussi.

D’abord, je n’en ai pas cru mes yeux. Puis, je me suis dit : on m’a volé ma voiture ! Déjà qu’on m’a volé mon vélo si en plus, je n’ai plus ma bagnole, que vais-je faire des clés ? Et puis alors, une autre réalité m’est venue en pleine figure : elle a été enlevée par la fourrière. J’avais bien vu que c’était une place réservée à la manutention mais bon, en général, ça, les livraisons, c’est le matin. Eh bien non, pas chez Intermarché, cours Édouard Vaillant, elles se font aussi le soir. Et je suis immédiatement revenu chez moi, en courant, pour ne pas être en retard au spectacle qui m’attendait et j’ai pris note du numéro de la fourrière, de son adresse et de mon numéro de plaque d’immatriculation. Et je suis parti rejoindre le patron avec qui je devais passer la soirée.

En cours de route, j’appelle ladite fourrière et là, on me confirme que mon véhicule, un Ford B-Max blanc est bien là. Enfin, blanc, pas tout à fait, il est de couleur nacre. Mais je n’allais pas chipoter pour si peu. Le numéro correspondait et donc, comme on m’avait dit que je pouvais venir récupérer mon bien même tard dans la nuit, je suis allé écouter le Requiem comme prévu. C’était très beau mais après, nous ne sommes pas allés dîner, comme nous l’avions envisagé. Non, nous sommes allés à la fourrière, puis à l’Hôtel de Police, avec les papiers adéquats, afin d’obtenir un bon de sortie et enfin, nous avons récupéré la bête. Et je suis rentré chez moi. Rassuré. Mais au fond de moi, pas à 100%. Parce qu’une petite voix m’a dit : et si elle avait fait une fugue ?