Tiens, il fait beau ! Et ça dure depuis ce matin. Déjà, quand je suis arrivé à mon travail, c’était une nuit étoilée comme peu de gens peuvent en voir, à 3h40. Peu de gens hormis mes collègues et nos clients de fin de nuit. Je me suis dit, alors, que, avec un peu de chance, nous n’aurions pas de pluie, aujourd’hui. Nous n’aurons pas notre rasade quotidienne. Nous serons au pain sec et sans eau ? Pas grave. Ce sera bon pour mes plantations sur la terrasse, d’être un peu épargnées pendant quelques  heures voire quelques jours. Je ne demande pas la lune. Elle était là-haut, dans le ciel noir et elle brillait. Je lui ai fait un clin d’œil comme on peut faire à une bonne vieille copine qu’on croise régulièrement mais là, non, ça faisait un bail.

Tiens, il y a un grand carré de terrasse qui est totalement ensoleillé. Il m’en faudrait peu pour que sorte un fauteuil relax et que j’aille m’y poser pour fermer les yeux et me laisser aller, m’abandonner. Comme Brigitte Bardot, en son temps, à la Madrague. Sauf que moi, même si je dis qu’il m’en faudrait peu, il manque un peu de chaleur malgré tout. Et je n’ai pas trop le temps. Et bon, ce n’est pas à l’ordre du jour. Je ne vais pas sauter sur la première après-midi venue sans avoir eu le temps de faire les présentations. Je ne suis pas comme ça, moi. Et aujourd’hui, moins que jamais. Si encore on m’assurait de certains préliminaires. Voire de quelques liminaires. Peut-être pourrais-je succomber mais pas là.

Tiens, il fait beau et sec. Nous sommes envahis d’un immense ciel bleu sans un nuage ou si loin que ça ne vaut pas la peine d’en parler. Pas une goutte de pluie à l’horizon. Pas d’humidité dans l’air ambiant. Non, rien que du sec. Frais et sec. Comme un bon rosé en été. Sauf que là, nous ne sommes même pas encore officiellement au printemps. Pas une goutte, rien. Même pas une dernière petite qu’un nuage aurait oublié de secouer avant de partir jouer avec ses camarades, loin des cieux de Bordeaux and Co. Alors, aujourd’hui, inutile de prévoir le chapeau imperméable ni le parapluie. Aujourd’hui, je vais m’habiller normalement, pour sortir. Mais le tee-shirt, le bermuda et les sandales, ça sera pour une autre fois.