Un dimanche matin, peu après huit heures. C’est le moment où je pars avec ma voiture car j’ai des courses à faire à Auchan Lac et ensuite, ou avant, passer chez Leroy Merlin pour tenter d’y trouver des pastilles transparentes et adhésives (ou l’inverse) pour mettre sur le sol de la douche de Claude afin de limiter tous les risques de glissades involontaires possibles. Si Claude choisit d’en faire exprès, c’est autre chose mais entre nous, ça m’étonnerait fort. Il tient de moins en moins debout sur ses jambes et donc, le mieux, c’est le principe de précaution. Comme pour la grippe aviaire.

Justement, tiens ! À propos de grippe aviaire, cette maladie qui touche les volatiles en général et les canards, en particulier. Quel drôle d’enchaînement, je ne vous dis pas ! Et en plus, il y a un jeu de mots offert, là, dans ce paragraphe : canard, enchaînement. Canard, enchaîné. C’est amusant, non ? Enfin moi, je trouve que oui. À moins que je ne doive écrire que moi, je trouve qu’oui. Sauf qu’un canard, ça ne fait pas qu’oui mais coin. Et deux fois plutôt qu’une.

Bref, j’étais en voiture, pas loin du Lac de Bordeaux. Et là, comme j’étais un peu en avance et qu’il n’y avait absolument pas de circulation… Il faut dire qu’à cette heure-là, un dimanche matin, sous des trombes d’eau, il n’y a que moi (ou moi) pour être déjà sur le pont. En l’occurrence, là, c’était sur la route. Et à ma gauche, la promenade qui longe le plan d’eau. Et des arbres. S’il n’y avait pas tous ces ensembles d’immeubles à ma droite, on pourrait se croire à la campagne…

Quand soudain : je n’en ai pas cru mes yeux. Quand soudain : que vois-je ? Du côté des humains, là où il y a tous ces bâtiments concentrés, comme chez Nestlé, que vois-je ? Un canard ! Oui, un canard qui avait traversé la rue pour venir se perdre dans les HLM et autres résidences de sur-habitation. Il avait l’air de ne pas trop savoir que faire. Ce n’était pas un endroit pour lui, de toute évidence et il devait justement se demander comment faire pour retrouver son eau et ses camarades.

J’ai failli m’arrêter pour lui dire que j’allais chez Auchan et que s’il aimait les oranges, on pouvait trouver un arrangement. Un canard et des oranges, c’est bon. Mais je ne sais pas s’il avait le sens de l’humour. C’est assez difficile à déceler chez un palmipède de ce genre. Encore, quand ils sont domestiqués, je ne dis pas mais là, c’était un animal sauvage. Peut-être même féroce, allez savoir. En tout cas, j’ai continué mon chemin mais je pense à lui depuis tout à l’heure.