Il fait partie de la fanfare de St-Jean-les-Nœuds et il en est membre depuis maintenant près de soixante ans et il reconnaît que s’il aime retrouver la plupart des musiciens, ça commence un peu à lui peser et il se demande si, vu son âge, il ne devrait pas tout simplement abandonner. Renoncer. Prendre enfin du temps pour lui, du bon temps de sa retraite. Même de la musique municipale. Et c’est sa femme qui le pousse le plus. Pour elle, il n’y a plus aucune raison pour qu’il continue de déambuler dans les rues, lors de certaines fêtes, avec son cor de chasse, si lourd, sur l’épaule. Et elle n’a de cesse de lui rabâcher : « Balance ton cor ! »

Jonathann Daval et Nordahl Lelandais se sont réunis pour créer une association, un club très fermé. Celui des tueurs peut-être pas tous en série mais pourquoi pas ouvrir à tous ceux qui sont concernés, qu’ils aient tué une seule fois ou qu’ils soient récidivistes. Le seul critère de recrutement ? Pouvoir justifier qu’on a réussi ou, à défaut, tenté de réussir à se débarrasser du corps de sa (ou de ses) victime(s). Pour ça, seules les informations communiquées par la police à travers les medias pourront servir de preuve. Et l’alinéa des statuts de leur association qui parle de ça, c’est « Balance ton corps ! »

Lui, c’est un marin qui préfère nettement la pêche responsable à celles, nettement moins glorieuses pour l’être humain, qui sont électrique, au grand chalut de fond, au rejet ou encore à l’explosif. Non, lui, ça, c’est indigne d’un marin qui se respecte et qui, plus important encore, respecte la nature et donc, la mer, celle qui le fait vivre. Et il a décidé de partir en guerre contre les criées qui, n’ayant toujours pas pris conscience de tout ça, acceptent tout et n’importe quoi quand les bateaux reviennent pleins à craquer. Et il va se battre. Et il va se faire connaître pour que tout le monde sache quel est son noble combat. Son nom ? « Balance ton port ! »