Et puis, monsieur, madame, mademoiselle, sachez qu’en ce moment, je suis bien fatigué, j’en ai marre, j’en ai marre, j’en ai marre…

Alors, comme ça, on a un coup de barre, Stéphane ? Oui, ces derniers jours ont été un peu pénibles. Entre cette allergie suite à l’absorption d’un médicament générique qui ne m’a pas convenu ; la rupture avec l’autre, là, mon ex-non-meilleure amie ; le grand froid qui nous a enveloppés pendant quelques temps ; la fatigue de mes horaires qui, cumulée avec mon âge qui ne recule pas, ne fait qu’aggraver cette sensation de n’en pouvoir plus, parfois, certains jours. Comme aujourd’hui, par exemple. Et là, je sens que je ne vais pas tarder à succomber à la position horizontale. Tant pis si elles sont déjà presque 16 heures.

J’en ai marre… Je voudrais bien me reposer, j’en ai marre d’aligner des paroles et des paroles, pas compris, j’en ai marre, j’en ai marre…

Et encore, s’il ne s’agissait que de ça. Même pas. Parce que ça, justement, ça ne me crève pas comme le reste. Parce que ça, je ne le subis pas. Pas trop. Pas plus que ça. Non, c’est le reste. C’est un ensemble. Et pourtant, je me dis que ça devrait aller de mieux en mieux puisque nous sommes déjà au début du troisième mois de cette année, le dernier mois de ce premier trimestre. Bientôt un de plus de validé pour ma retraite. Non, c’est un coup de fatigue. Un gros coup de mou. Il y a des jours, comme ça où on n’y peut rien, c’est ainsi qu’on prend les choses en pleine figure. Et ça vous abasourdit. Et ça vous estourbit. Et ça vous met K.O.

J’en ai marre d’aligner des paroles et des paroles. C’est ma façon de faire de la musique sans musique. Je suis bien fatigué. J’en ai marre…

Bon, allez, je vais me secouer les puces et arrêter de fredonner cette rengaine. Une véritable scie que j’avais un peu oubliée mais qui m’est, comme par hasard, revenue en tête, là, tout à l’heure. La voix de Ionesco. Sur une musique de Hugues le Bars. Paix à leur âme. Moi, la mienne est tout aussi fatiguée mais je vais tout faire pour la remettre sur les rails. N’en déplaise aux syndicalistes cheminots, moi aussi, je vais faire comme la SNCF, me donner un coup de jeune. Profiter qu’on est le premier du mois pour me remettre debout. Parce que, tout le monde le sait depuis longtemps, un coup de barre, mars, et ça repart.

Et puis, monsieur, madame, mademoiselle, sachez qu’en ce moment, je suis bien fatigué, j’en ai marre, j’en ai marre, j’en ai marre…