Les enfants des autres ne sont pas tous des chiards capricieux et insupportables. Non, hier, j’en ai eu la preuve par l’exemple. Non pas que je sois tombé sur des enfants modèles, ça, je n’en sais rien mais en tout cas, les deux que j’ai repérés me semblaient bien élevés et surtout, bien élevés. Oui, je sais, je me répète mais ça me semblait important d’insister sur ce point essentiel pour ne pas dire capital. Ou fondamental. Enfin, vous me comprenez, quoi ! Je vais donc de ce pas vous présenter ces deux enfants qui m’ont interpelé, hier. Interpelé mais pas que. Ils m’ont aussi rassuré. Ils m’ont également amusé. Et ils ont illuminé le reste de ma journée. Ce qui faisait double emploi avec le superbe ciel bleu inondé de soleil que nous avons eu au-dessus de nous toute la journée. 

À Intermarché, deux gamins, un garçon et une fille, entre 6 ou 7 et 9 ou 10 ans. Ils prennent quelques produits, arrivent à la caisse et quand on leur dit le montant : « Par carte » dit le garçon. Très sérieusement, il compose le numéro et une fois que c’est validé, on sent qu’il est heureux et fier de l’avoir bien fait, même si ce n’est peut-être pas la première fois qu’on lui confie une telle mission. Nous nous sommes regardés, avec la caissière, à la fois amusés, étonnés mais aussi un peu touchés de voir comment ce gamin avait bien fait les choses qu’on lui avait demandées. Et moi, en mon for intérieur, je me suis dit que c’était bien de les responsabiliser de la sorte. Et quand je suis sorti du magasin, à mon tour, je les ai vus, les deux petits, en train d’attendre au passage piétons qu’il n’y ait plus de voiture pour traverser la rue. Décidément, ils méritaient d’être remarqués, ces deux-là.

Le second, il m’a fait rire et je me suis retenu d’éclater pour ne pas paraître indélicat mais je crois que ça se serait bien passé, malgré tout. J’étais dans le tram, je me rendais en ville pour rejoindre le patron et le président car nous avions un déjeuner. J’étais un peu morne, fatigué, pas très enthousiaste mais un événement s’est produit qui m’a dopé, redonné le tonus nécessaire. J’ai entendu un enfant demander « C’est encore loin, Mamy ? » Et la femme de lui répondre : « Non, on est presque arrivés. Il est midi moins dix, qu’est-ce qu’on va faire quand on sera rentrés ? » Et la réponse du gamin, toute naïve : « Je vais pouvoir faire caca ! » Aucune vulgarité, aucune indécence mais une telle candeur et un tel bon sens que j’ai souri pendant un bon moment. Et ça a suffi pour que le reste de ma journée soit positif.