Ça fait au moins deux fois, en quelques temps. Le risque ? C’est qu’on y prenne goût. C’est que j’y prenne goût. Parce que moi, je suis comme ça, si quelque chose me plaît, je ne vois pas pourquoi ça ne recommencerait pas. Et même mieux que ça, je ne vois pas pourquoi ça s’arrêterait. Je suis du genre écureuil, j’aime engranger les choses que j’aime. On ne sait jamais, ça peut servir pour plus tard. Pour quand j’aurai le temps. Pour quand je serai en retraite, par exemple. Des choses que j’ai mises de côté pour ce futur que j’espère de plus en plus proche ?

Sans entrer dans des détails intimes, j’ai des débuts de textes qui n’attendent qu’un mot de moi pour s’achever ou tenter de s’achever. J’ai des livres à lire, des musiques à écouter, des films à regarder, des promenades à faire à pied ou à vélo. J’ai des centaines de recettes de cuisine à trier. Non, à retrier. Parce qu’elles ont déjà fait l’objet de plusieurs classements et parfois, pour certaines d’entre elles, elles ont fini par finir dans une poubelle. Et j’ai des photos à répertorier. Et j’ai des rêves à faire. Des fantasmes à assouvir. Ou pas. Ça, ça se décidera au moment opportun.

Alors, pour en revenir à ce nouveau lundi au soleil. Avant, on entendait chanter que c’était une chose qu’on ne connaîtrait jamais. Moi, ça fait bientôt 13 ans que je suis embauché là où je travaille et ça fait donc treize ans que je ne bosse plus le lundi. Et des lundis au soleil, j’en ai connu plein. Sauf que là, ça fait deux fois en peu de temps mais dans un temps où la grisaille a nettement dominé. La grisaille et l’humidité. Pour ne pas dire le froid. Et là, alors que je vois un carré de terrasse illuminé de soleil, je me suis tâté pour aller m’y assoir. Mais je suis resté raisonnable.