Je ne voudrais pas avoir l’air de rabâcher mais encore une fois, à peine une journée de soleil et hop, voici la pluie qui revient faire des claquettes sur les trottoirs mais pas que. Sur la terrasse, aussi. Et là, il est pile une heure de l’après-midi, l’heure où le soleil pourrait être au mieux de sa forme, eh bien non, je suis obligé d’allumer la lampe de mon bureau pour voir où je mets les doigts sur le clavier. Et ce n’est pas parce que je ne regarde pas mes doigts pour écrire que je n’ai pas besoin de voir, si j’en ai besoin ou envie. Non mais sans blague.

Alors, je me dis que ça va encore être une journée molle. Humide et molle. Pas forcément de quoi pendre son pied. Et quand je pense qu’on n’est que le 25 janvier, que l’hiver va encore durer deux mois, qu’on va se taper les giboulées en mars et tout le toutim, on n’a pas fini d’en recevoir, de l’eau sur le coin de la figure. Il n’y a guère que les parapluies qui frétillent du manche, car ils sont contents, eux et les bottes en caoutchouc qui applaudissent dans les flaques, car elles adorent ça, les déluges. Sinon, moi, ça commence à vraiment m’ennuyer.

Alors, je me dis que là, encore une fois, je vais me laisser aller à ne pas faire grand-chose (pour ne pas dire rien) et je vais attendre que le temps (maussade) passe. Trois petits tours et s’en ira peut-être demain. Ou après-demain.  D’ici là, il va falloir occuper l’esprit. Et le corps. La tête et les jambes. Le choix entre bouquiner, regarder la télé, dormir, sortir quand même sous la pluie ou faire du rangement dans les papiers et pointer mon relevé de compte bancaire. Rien de bien excitant, ma foi, dans tout ça. Le moins pire étant la sieste.

Quelque chose d’excitant ? Que peut-il m’arriver d’excitant un jour comme aujourd’hui ? Si ça se savait, on le saurait (bravo !) mais là, non, je n’y crois guère, je n’y crois plus. Alors, je vais peut-être aller fermer les yeux. Et rêver à des jours meilleurs. À des lendemains qui chantent pour que je puisse fredonner avec eux. Sinon, peut-être que je peux aussi m’obliger à penser à des choses agréables. Me faire mon cinéma dans la tête. Ouvrir la boîte à fantasmes. Et voir si je ne peux pas y trouver chaussure à mon pied. Antidote à mon ennui.

Et je repense à ce toucher rectal qui ferait partir le hoquet. Si encore je connaissais quelqu’un qui a le bras long, je pourrais imaginer que j’ai le hoquet. Lui dire que j’ai le hoquet. Et lui demander de le faire disparaître. Comme par magie. Mais alors, si je m’y attends, ça ne sera pas vraiment une surprise. Non, il faut que je trouve un autre moyen de me faire plaisir pour tromper cette langueur monotone qui commence à m’habiter. Aller prendre une douche ? Vous rigolez ou quoi ? Autant aller marcher tout nu, dehors, alors.