Je fais une telle obsession de faire la sieste, tout le temps, dès que je me lève à dès que je vais me coucher pour de vrai, le soir, que je me demande si ça n’est pas en train de devenir pathologique. Si je ne suis pas en train de devenir un névrosé de la sieste. Et de la position horizontale. Attention, je ne suis pas pour autant un Stéphane couche-toi-là, il ne faut pas exagérer non plus, hein ? Mais mine de rien, je commence à me poser certaines questions et comme j’ai un peu peur que ça ne fasse qu’augmenter et que ça ne vienne m’empêcher de vivre, j’ai décidé de consulter. Après tout, mieux vaut prévenir que guérir, comme on dit dans certaines chaumières et chambres d’hôpital.

Alors, j’ai pris rendez-vous chez un narco-siestologue. J’ai eu de la chance car j’en ai obtenu un très rapidement et là, je suis assez content car ça s’est très bien passé. D’abord, il était très gentil. Il m’a écouté exposer mes craintes et mes envies irrépressibles de mettre en position horizontale pour fermer les yeux dès que je le peux et, d’une voix très douce, il m’a dit qu’il avait certainement une solution pour moi. Et je l’ai immédiatement cru quand il m’a ensuite dit : « Allongez-vous sur le divan derrière vous. » « Vous avez tout compris, docteur, c’est exactement ça dont j’avais envie et besoin. » J’ai obtempéré et j’ai fermé les yeux et je me suis réveillé une heure après.

Après avoir réglé la consultation, 80 euros non remboursés par la Sécurité Sociale, je suis rentré chez moi. Reposé, certes mais un peu marri d’avoir dû payer juste pour faire la sieste alors que chez moi, justement, c’est gratuit. Alors, j’ai changé mon fusil d’épaule et ce matin, comme samedi dernier, je suis allé à Mérignac, après le boulot et là, chez But, alors qu’il n’y a pas d’éclairage trop important dans le magasin (à croire qu’ils font des économies de bouts de chandelle), j’ai testé les matelas et j’ai pris de l’avance sur la sieste de cet après-midi. Et je suis sorti sans rien payer. Finalement, mieux qu’un médecin, chez But, c’est comme chez Félix Potin, rien que pour m’allonger, j’y reviens.