Bon, c’est à moi, là ? Je peux y aller ? Tout le monde m’entend ? Alors, hmmm, hmmm, pardon, je m’éclaircis la voix car j’ai l’impression que j’ai un chat dans la gorge, je n’ai pas encore beaucoup parlé ce matin et bon, hmmm, hmmm, hmmm, maintenant, je crois que c’est bon. Vous m’écoutez ? Silence, s’il vous plaît, je ne vais pas vous embêter longtemps, je n’en ai que pour deux minutes, peut-être trois mais pas plus. Merci… Ah ? On me fait signe que le retour son n’est pas terrible. Ok, j’attends un peu… Un, deux, trois… Un, deux, trois… Ça y est, cette fois ? Désolé, c’est la technique. Ce sont les aléas du direct, comme on disait, jadis et naguère, à la télévision…

Bon, alors, merci à tous d’être venus aussi peu nombreux. Vous avez bien respecté ma volonté de ne pas passer le cap de 2018 avec trop de monde. Je préfère les petits comités et je vous suis reconnaissant de n’être qu’une poignée. Je vous remercie aussi parce que du coup, ça m’a coûté moins cher en champagne et en amuse-gueules et en ces temps un peu difficiles, ça va m’aider financièrement. Enfin, je vous remercie de penser à laisser cet endroit aussi propre que vous l’avez trouvé en arrivant. Merci aussi de me laisser moi-même aussi propre que vous m’avez trouvé en entrant. Si je puis dire. Et maintenant, passons aux choses sérieuses.

Nous venons juste de passer en 2018. Deux mille dix huîtres, comme j’ai dit à mes collègues, ce qui est un nombre très à propos. Et justement, à propos, je voudrais que 2018… Pardon ? Ah oui, excusez-moi, c’est vrai qu’on ne dit pas « je voudrais », quand c’est le premier jour de l’année mais, pour une fois, on se doit de dire : je vœux. Alors, moi, en ce premier janvier, je vœux vous souhaiter une excellente nouvelle nouvelle année. En espérant que cette fois-ci, ce sera un bon millésime. Sinon, il n’y a plus qu’à prendre son mal en patience et attendre 2019. Voilà, c’est tout. Et merci de ne pas oublier d’éteindre et de bien fermer la porte à clé quand vous sortirez d’ici.