Tous les ans, à la même époque, non seulement c’est Noël mais en plus, on nous annonce une augmentation du prix du timbre. Alors, tous les ans, non seulement je ne fête pas Noël mais en plus, je commande plein, plein, plein de carnets de timbres pour en avoir d’avance à l’ancien tarif. Mais je crois que je ne les utilise pas tous pour autant. Parce que dans mes courriers personnels, je n’utilise que des timbres dits de collection, pour des lettres vertes (mais dans des enveloppes blanches)  à moins de 20 grammes. Alors du coup, je stocke des carnets de Marianne, en version autocollante.

Je viens de passer un deal avec le patron. Oui, parce que depuis tout à l’heure, je suis devenu un dealer : « Patron, c’est pour 20 grammes, vous en voulez ? » Je n’ai pas osé ajouter : « C’est de la bonne » car j’ai eu peur que quelqu’un, qui se serait cru drôle, ne me dise : « Mais elle ne fait pas le ménage », ce qui n’est plus amusant depuis des dizaines d’années, cette blague-ci. Ou cette blague-là. Et là, le patron, il vient de me prendre tout mon stock de l’an passé. Et moi, pour ne pas être en rupture, je viens de commander dix carnets. Comme ça, je sais que j’en aurai au cas où.

La seule chose qui me tracasse : si je donne au patron ceux de l’an passé au prix de cette année et que j’en achète au prix de cette année, je ne fais aucun bénéfice personnel mais je le vole un peu quelque part. Car ceux que je lui ai revendus, je les ai payés au prix de 2016. Je viens de m’enrichir de 3 centimes par timbre. Je ne lui ai pas dit car j’ai eu un peu honte d’en ressentir un certain plaisir. Mais ce n’est pas grave, ça ne va pas bien loin. Je crois que les services fiscaux ont autre chose à faire que de me contrôler sur ça. Même sur autre chose, d’ailleurs. Tout ça pour dire que depuis qu’il n’y a plus le prix sur les timbres, on peut faire un peu ce qu’on veut.