En même temps, comme le dit souvent Manu Macron, je me demande si… Oui, parce que je pense m’être fait voler mon vélo mais si ça se trouve, c’est moi qui l’ai oublié quelque part. Un jour où je suis allé en ville et j’ai été tellement occupé voire préoccupé que je suis rentré par le tram ou par le bus sans me souvenir que j’étais venu en pédalant. Alors ma foi, il ne me reste plus qu’une chose à faire : aller à sa recherche dans les endroits où j’aurais pu le laisser. Mais le problème, c’est que j’ai pu l’attacher comme j’ai pu à un endroit qui n’est pas forcément en face de là où je voulais aller.

En réfléchissant bien (des fois, je me dis que je pourrais me reconvertir en miroir), il n’y a pas tant d’endroits que ça, où j’aurais pu l’abandonner. Non, c’est trop triste, c’est vraiment trop triste, d’écrire ça. Comme si je pouvais consciemment abandonner mon cher et tendre vélo. Moi qui étais en amour pour lui malgré tous ses défauts, malgré tous ses cabossages et malgré le fait qu’il avait pris un coup de vieux depuis deux ans. Mais comme moi aussi sauf que moi, ça fait bien plus longtemps que ça… Alors, je vais partir tout à l’heure, dans pas longtemps, juste après avoir écrit.

Je vais aller braver le temps frais, humide et gris au possible, en ce jour de solstice d’hiver. Un jour pas comme les autres puisqu’il est le plus court de l’année. On s’en fout, bientôt, on va en commencer une autre, alors… Et donc, je vais tenter de voir si je le trouve, mon vélo. Peut-être même que c’est lui qui va me reconnaître au hasard d’un coin de rue. Il risque de me faire la gueule mais en même temps, s’il est aussi content de me revoir que moi de le revoir, ça ne durera pas longtemps. Allez, je vais enfiler un blouson, un chapeau de pluie et hop, à moi, de partir à sa recherche.