C’est malin. J’ai voulu partir à la Poste pour mettre un courrier un peu urgent, que je voulais voir arriver chez son destinataire avant Noël et comme je suis pas mal crevé de cette longue matinée stressante, je me suis dit que tiens, si je prenais mon vélo histoire de m’aérer un peu, d’une part et d’aller plus vite, d’autre part. Comme ça, la sieste sera plus proche de moi si je vais plus vite là-bas. Sauf que là, ça me semble difficile d’imaginer trouver le sommeil du juste même juste pour vingt ou trente minutes. Parce que je crois qu’on m’a volé mon vélo.

De deux choses l’une, soit je l’ai laissé chez le patron et comme j’ai le même que celui de Claude, peut-être ne s’en serait-il pas rendu compte. Soit je l’ai laissé quelque part en ville et je ne m’en souviens pas. Je ne m’en souviens plus. Mais si c’est le cas, où ? Je n’ai aucun souvenir de la dernière fois où je m’en suis servi. Ça fait plusieurs semaines, depuis que l’automne est devenu intégral que je ne l’ai pas sorti du local poussette. Parce que je ne voulais pas le mettre dans le local vélo vu que la porte en est cassée. Mais celle du local poussette, aussi, je viens de le remarquer.

Alors je pense qu’on me l’a volé. Parce que mon antivol n’était pas très costaud. Sinon, on l’aurait laissé à sa place. Car il y en a de bien plus beaux que le mien, dans ce local. Mais ils sont mieux protégés. Le mien, c’était un vélo abîmé mais il a dû faire l’affaire pour quelqu’un. Sans doute pour le revendre même pour un simple billet. Ça me rend triste. Et en colère, aussi. Je ne m’attendais vraiment pas à ça. Et je n’imagine pas en acheter un autre. Pensez donc, un vélo neuf, ça va attirer l’œil, non ? En tout cas, je peux l’assurer, il va bien me manquer.