Bon, puisque son cercueil a quitté la France, on va lui rendre un dernier hommage, pas du tout national, celui-ci, cette fois et après, je propose qu’on n’en parle plus pendant un certain temps parce que là, bon, ça va, quoi, non ?

J’ai juste deux ou trois choses à préciser vu que j’ai pu passer pour un mauvais français qui n’a pas été plus ému que ça à l’annonce de la mort de qui vous savez et qui n’a pas regardé l’hommage populaire que le pays, qu’une partie du pays lui a rendu hier et qui n’est pas resté sur Paris non plus au lieu de s’y rendre et de participer car l’important, c’est bien de participer, comme on dit mais là, merci, sans façon. Y a pas de quoi, allez, au revoir et merci pour tout mais pas plus quoi. En tout cas, en ce qui me concerne. Non, là, j’ai vraiment ma dose pour plusieurs années. C’est ce que j’aimerais vraiment. Qu’on respecte aussi ceux qui n’en peuvent plus.

Je n’aimais pas Johnny quand j’étais petit, dans les années 60 car pour moi, petit enfant sage et modèle, c’était un sauvage qui ne faisait que crier et ça me faisait peur. Je l’ai enfin apprécié quand il a été tiré vers le haut dans sa période Nathalie Baye and Co mais bon, après, comme c’était devenu une institution, il faisait partie de ma vie malgré moi. Sauf que je l’ai de nouveau détesté… non, ce n’était pas de la détestation mais de l’agacement de le voir omniprésent dans les médias depuis quinze ans et pas toujours pour les bonnes raisons.

Je l’ai même vu sur scène en 88, je crois. Je reconnais avoir passé une super soirée mais j’ai continué de ne pas être fan et voilà. Maintenant, je me dis qu’on pourrait peut-être passer à autre chose. Et loin de moi de vouloir critiquer, je ne tire ni sur les ambulances ni sur les corbillards mais là, j’aimerais juste qu’on revienne un peu sur terre et qu’on fasse la part des choses et la part des gens. La France a eu son compte d’unité, les médias sont repus, on attend leur gros rototo et après, une bonne grosse hibernation et le tour sera joué.

Sauf que… Sauf que je me demande pourquoi il va se faire enterrer là-bas, dans les îles, le Johnny national des autres que moi. Parce que j’ai toujours pensé qu’il voulait se faire incinérer, moi. Depuis le temps qu’il hurle qu’il faut allumer le feu, on aurait pu respecter cette volonté-là.