Au moment où ce billet aura été publié depuis environ trois heures trente, je serai confortablement assis dans un TGV pour me rendre à Paris, juste un aller et retour, ça s’en va et ça revient, à toute berzingue, pas même le temps de prendre le temps. Juste comme ça. Histoire de m’offrir le luxe d’avoir deux fois deux heures de tranquillité (si tout se passe bien) dans un wagon 1ère classe avec deux livres et une recharge de paupières qui pourront se baisser pour que je ferme les yeux pour un instant, une heure, une petite éternité. Mon hypnothérapeute m’avait conseillé de m’octroyer des moments rien qu’à moi sans aucun but précis comme de marcher comme ça, au gré du vent et la fleur au fusil ou de me poser quelque part, sur un banc, au soleil avec un livre.

La météo ne s’y prêtant pas, j’ai préféré oublier le banc et le soleil a lui-même choisi de prendre ses quartiers pour faire comme la lune. Alors, après avoir un peu réfléchi devant le miroir de ma conscience et de ma mauvaise foi, j’ai voté pour un voyage à Paris en moins de 24 heures, nuit d’hôtel comprise. Et là, pendant que je serai dans le TGV, ce n’est pas moi qui irai plus vite que la musique. Ce n’est pas moi qui courrai après les chimères du temps qui manque mais qui passe. Ce n’est pas moi qui penserai à autre chose qu’à mon bon plaisir. Je serai le roi en mon royaume, celui de me laisser porter par les événements. C’est un jour que je me paie en remerciements pour services. Ont-ils seulement été bons et loyaux ? Je garde la réponse pour moi.

Ça m’amuse d’écrire par anticipation. Parce que, qui sait, si ça se trouve, demain, je ne serai peut-être pas du tout en route pour Paris. Vu que je dois arriver à Montparnasse, si ça se trouve, un nouveau bug et hop ! Me voilà bloqué à Bordeaux et là, la question qui se posera, c’est la suivante : dois-je rentrer chez moi ou prendre un hôtel près de la gare pour ne revenir que samedi midi, comme prévu ? Je me tâte car je viens de faire ma valise, ma petite valise et je n’aimerais pas trop qu’elle ne me serve qu’ici, à trois ou quatre kilomètres de chez moi. Alors, non, je vais bel et bien croire que mon train partira de Bordeaux et arrivera à Paris. Le reste, ce ne sera que du bonus. Que de l’insouciance. Que de la légèreté et de la futilité. Tiens, tiens, tiens…