Je n’ai rien contre lui-même si je n’avais rien pour non plus. Je dis juste que trop, c’est trop. Je suis effaré de cette démesure qui n’a pas cessé de toute la journée d’hier. Les chaînes de télé et de radio monopolisées exclusivement autour de l’événement.  Programme unique pour tout le monde. Et pourquoi pas jusqu’à la fin de la semaine ? Le prochain match de foot retransmis à la télé pourrait n’être joué que sur une pelouse à l’effigie du rockeur mort. La messe télévisée de dimanche pourrait lui être consacrée. Tous les jeux diffusés pendant tout le temps du deuil national obligatoire pourraient voir leurs gains envoyés à ses enfants mineurs.

Pourquoi pas une mise au Panthéon, pendant qu’on y est ? Non, franchement, il faut savoir faire la part des choses et la part des gens. J’aime la musique, j’aime la variété française (j’ai même des dossiers un peu lourds me concernant, donc, je n’ai rien à envier à personne) mais une telle idolâtrie subite et systématique, ça devient louche. Ça cache quoi ? Ça cache la position minable de Trump au sujet de Jérusalem ? Ça cache la pauvreté car pendant ce temps-là, personne ne se plaint ? Ça cache quoi, vraiment ? Non, ça me rend mal à l’aise tout ça. On ne parle que de plaisirs futiles, si importants soient-ils pour le quotidien mais c’est tout.

Je n’ose espérer ce qui se serait passé, hier, si un attentat avait eu lieu en France. Quel dilemme pour les médias ! Qui aurait gagné : le rockeur mort ou x victimes ? Parce que c’est un peu ce que j’ai ressenti devant les images des infos, hier soir : ces veillées funèbres devant des images géantes de celui qui n’est plus, organisées par les municipalités elles-mêmes, franchement, sincèrement, objectivement, ce n’était pas un peu trop. Justement, est-ce qu’on n’en a pas fait autant que pour les attentats de ces dernières années ? Pardon aux victimes et à leurs familles. Je suis un peu en colère mais je leur demande vraiment pardon.