Suite et fin du mois de novembre. Non, je me suis trompé : début du mois de décembre. Et dans 30 jours, je vais clôturer une année de plus dans mon avancée lente vers la retraite. Comme je me suis donné la date du 31 mars 2020 pour m’arrêter, ça me laisse encore 27 mois. Soient environ 850 jours à tenir. Soient 20 400 heures à supporter encore tout ça. Soit 1 224 000 secondes. Et si je pouvais toucher  ne serait-ce que 1 centime par seconde, ça me ferait 12 240 euros. Non, ce n’est pas assez. Mettons 5 centimes, ça ferait : 61 200 euros. C’est déjà mieux. Faites encore un effort, s’il vous plaît. Allez, disons 7 centimes et tout le monde sera content et moi, j’empoche 85 680 euros.

Je sais que ça doit surprendre que je raconte tous ces rêves d’argent mais c’est juste parce que j’en ai quand même un peu marre de ce travail, de ces horaires et de ces façons de bosser qui n’en sont pas, des façons. Alors, je me dis qu’avec un coup de chance, une somme d’argent un peu rondelette qui pourrait me permettre de lever le pied en attendant que l’heure de la retraite sonne, taratata, taratata, c’est le clairon qui sonne, c’est le clairon qui sonne, c’est l’heure de la retraite, il faut que je rentre. Ou à peu près. Je sais que ce ne sont pas tout à fait les vraies paroles mais comme je sors d’une sieste réparatrice, je n’ai pas encore reconnecté tous mes neurones.  

Oui, parce que si j’avais 86 580 euros qui me tombaient dans la poche, comme ça, d’une banale opération d’un Saint-Esprit quelconque, ça serait toujours mieux qu’un enfant dans le dos par le même ange démoniaque. Ou alors, une vieille tante de province. Sauf que je n’en ai pas. Ou une vielle relation qui s’est souvenue de moi et qui a voulu me coucher sur son testament. Sauf que ça n’arrive que dans les films et dans les romans, ça. En plus, je ne me couche pas sur un simple claquement de doigts. Non, il en faut au moins deux. Bon, tant pis. Je vais continuer encore deux ans, environ. Un peu plus. Et je vais prendre mon mal en patience. Contre mauvaise fortune faire bon cœur.