Ce serait vraiment dommage d’être triste un jour comme aujourd’hui : plein soleil dans un ciel immaculé bleu. Un bleu doux, un bleu tendre, un bleu rassurant. Et pourtant, il doit y en avoir des gens qui ne sont pas heureux, aujourd’hui. Des gens pleins de malheur. Des gens qui pensent que la vie ne vaut pas le coup d’être vécue plus longtemps. Et des gens malades, qui savent. Et des gens dans la rue et là, aucun soleil ne sera jamais vraiment du réconfort. C’est un des paradoxes de la vie. Et aussi ce qui en fait sa richesse : il vaut mieux que tout ne soit pas pareil pour tout le monde, en même temps, au même endroit, les mêmes épreuves difficiles.

Aujourd’hui, j’ai une chanson de Barbara dans la tête. Pas une des plus diffusées en radio et encore moins en télé.

Quand ceux qui vont, s'en vont aller,
Quand le dernier jour s'est levé, 
Dans la lumière blonde,
Quand ceux qui vont, s'en vont aller,
Pour toujours et à tout jamais
Sous la terre profonde,
Quand la lumière s'est voilée,
Quand ceux que nous avons aimés
Vont fermer leur paupières,
Si rien ne leur est épargné,
Oh, que du moins soit exaucée
Leur dernière prière :
Qu'ils dorment, s'endorment
Tranquilles, tranquilles.

Et moi, en ce mercredi 22 novembre 2017, il est à peine plus d’un mois de Noël, je suis encore à peu près calme, étonnamment.

Et je pense à ceux qui sont partis aujourd’hui. Mais je n’éprouve aucune tristesse particulière. Est-ce possible de choisir sa tristesse ? De choisir ses moments de tristesse ? D’en refuser sans le faire exprès. Peut-on être taxé d’insensibilité ? Ah mon Dieu, si vous saviez… Si vous saviez combien je sais prendre ma part et plus souvent qu’à mon tour. Mais non, aujourd’hui, je suis en RTT. J’ai choisi de prendre du recul. De me sentir bien. Et tant pis pour les mauvaises nouvelles. Je me contente d’apprécier Barbara à sa juste valeur. En me disant que ça va bientôt faire 20 ans qu’elle est partie. J’espère qu’elle est tranquille, tranquille…