Je ne vais pas beaucoup me fatiguer, aujourd’hui car je suis pris par le temps et je viens de lire quelque chose qui m’a réjoui alors, pour une fois, je vais tomber dans la presque facilité et me contenter de faire des citations. Juste après avoir expliqué mon propos. Mon propos dans lequel il est question d’apophtegmes. J’imagine que ce mot barbare et technique (à moins que ça ne soit l’inverse) est inconnu pour la majorité relative de mes sept ou huit lecteurs réguliers. Et je vais les rassurer : ne pas savoir ce qu’est un apophtegme n’est pas grave.

Un apophtegme, c’est un précepte, une parole ou une sentence mémorable ayant valeur de maxime. Mais pas de Maximilien, juste de maxime. En gros, c’est une phrase énoncée qui a valeur de principe ou de règle de morale. Qui a valeur non pas d’exemple mais d’exemplarité, si on va par là. Ou par là-bas. Pour être totalement clair mais néanmoins précis, on peut dire que c’est une proposition concise qui résume une pensée de haute portée en très peu de mots. Une phrase facile à mémoriser mais également digne de mémoire. À la différence de l’adage, anonyme, l’apophtegme est en général toujours signé.

« Connais-toi, toi-même. » (Chilon de Sparte) en est un des meilleurs exemples. Tout comme : « La modération est le plus grand bien. » (Cléobule de Linde). Ou encore : « Prudence en toute chose. » (Périandre de Corinthe)

Mais moi, ça, même si ça m’intéresse, je trouve que ça manque cruellement de fantaisie. Et c’est là où ça devient intéressant mais surtout drôle, ce sont les apophtegmes à vocation humoristique. Même si, au départ, ce n’était pas systématiquement le but recherché :

« N'attendez pas la solution de vos problèmes des hommes politiques puisque ce sont eux qui en sont la cause. »(Alain Madelin)

« Les socialistes ont eu tort de venir au pouvoir. Ils auraient dû faire comme Dieu : ne jamais se montrer pour qu'on continue à y croire. » (Coluche)

« Si vous m'avez compris, c'est que je me suis mal exprimé. »(Alan Greenspan)

« L'ennemi est bête, il croit que c'est nous l'ennemi, alors que c'est lui. »(Pierre Desproges)

Je ne suis pas certain que toutes ces saillies, tous ces bons mots soient réellement des apophtegmes pur jus mais je les trouve néanmoins très drôles. Et je ne peux pas résister à cette dernière, qui me fait beaucoup rire : « C'est curieux, se faire refaire les seins, ça coûte la peau des fesses. » (Vincent Roca)