C’est vraiment compliqué de se curer le nez ou l’oreille quand on a petit doigt (ce gros rapporteur) douloureusement raide et déformé d’arthrose. À chaque fois que je fais une tentative, j’ai mal alors, j’arrête juste après avoir essayé de commencer. Et je ronge mon frein, ce qui est toujours mieux que se ronger les ongles. Ou plutôt, les petites peaux, autour, ce qui est mon cas, hélas ! Et quand je ronge mon frein, je refoule et quand je refoule, j’accumule du stress négatif et après, on se demande pourquoi je suis à cran, pourquoi je dors si mal et pourquoi pourquoi ? Oui, pourquoi pourquoi ?

Alors, tout à l’heure, comme je sortais de la douche, je me suis coupé les ongles des doigts des deux mains sauf celui du majeur droit car je l’avais cassé hier en faisant quelque chose (mais j’ai oublié ce c’était – en même temps, ça n’a pas vraiment d’importance, hein ? Non, hein ?) Et après, je me suis dit que tiens, puisque j’avais coupé mes griffes, je pourrais peut-être faire une tentative dans ces deux orifices que j’ai tendance à délaisser depuis deux mois. Mais non, j’ai eu mal. Je n’ai pas pu aller au bout de ce que je voulais faire. Je n’ai même pas pu aller au-delà de deux millimètres.

Alors, j’ai réfléchi très fort devant le miroir du lavabo et ce n’est que lorsque je me suis trouvé rouge vraiment trop cramoisi que je me suis dit : arrête, tu vas exploser ! Et là, au même instant, j’ai eu l’idée de génie qu’il me fallait : j’allais me servir de mon auriculaire droit pour entrer dans ma narine gauche. Et ça a très bien marché. Et même, dans l’oreille gauche aussi. Alors, franchement, pourquoi se prendre la tête, il suffit d’avoir le minimum syndical de souplesse dans l’épaule pour se curer les trous de l’autre côté. Avec le petit doigt de l’autre main. Je suis ravi d’avoir découvert cette astuce.