Je suis en train de relire le livre de cuisine de Ginette Mathiot. Je ne vous dis pas, j’ai du mal à le lâcher. J’adore certains passages que je lis et relis à chaque fois que je le reprends. Je suis littéralement mordu et je ne sais pas si je vais encore pouvoir me passer d’en parcourir d’autres chapitres encore cet après-midi malgré tout ce que j’ai à faire, de bien plus urgent mais que voulez-vous, le plaisir avant tout, non ? Surtout que dès demain, je reprends le boulot pour une semaine.

Même si je connais la fin de plein de chapitres, j’aime toujours autant le suspense qui se dégage de certaines scènes. Par exemple, page 191, l’anguille en matelote. Quand elle se fait dépouiller, l’anguille, c’est un passage que j’adore. Car elle ne voit rien venir et c’est un peu comme si à chaque fois, elle se faisait avoir. Oui, parce que j’imagine que c’est toujours la même anguille qui se fait dépouiller. La pauvre, elle doit être dans un sale état, là, maintenant, je n’ose y penser.

Et ce passage, page 245, où le homard, un peu amorphe (il se drogue peut-être, ce n’est pas précisé dans le bouquin mais moi, je suis sûr que oui) se fait ébouillanter en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Là ! Pschchchchhhh ! J’entends très bien son cri de détresse quand il se rend compte, mais un poil trop tard, qu’il va en crever. Je ne m’en lasse pas, de toutes ces anecdotes. Et j’imagine l’inspecteur qui enquête sur sa mort. Aucune empreinte exploitable après le bain bouillant.

Mais mon moment préféré, je crois que c’est celui, page 358, où la dinde se fait farcir sans porter plainte pour harcèlement ni maltraitance. Une autre époque… On a du mal à imaginer ça aujourd’hui. Avec toutes ces révélations quasiment en temps réel… Toutes ces associations de défense des droits des femmes, des enfants, des étrangers, des pauvres et des animaux. Moi, la dinde, je dis qu’elle est un peu consentante avec son croupion offert à tout vent, quand elle est plumée.

Et les beignets. Vous imaginez qu’un beignet se plaigne de coups et blessures volontaires ? Non. Je vous le dis, moi, nous vivons une drôle d’époque où c’est le politiquement correct qui fait loi. La bien-pensance. Bientôt, on nous dira qu’il ne faut plus arracher les asperges ou les endives car c’est faire du mal à des végétaux qui n’ont rien demandé. Moi, je m’en fous. J’aime lire ce bouquin. Je n’irai pas jusqu’à dire que je me caresse en même temps que je le parcours mais pas loin. Vraiment pas loin.