Je ne sais pas comment je me suis organisé, aujourd’hui, jour du saigneur, comme on dit dans les abattoirs, mais depuis ce matin, sans avoir vraiment arrêté, je n’ai quasiment rien fait de très, très concret. Bon d’accord, je suis allé au marché, je suis allé livrer Claude et le patron, je suis rentré, j’ai préparé un osso bucco de dinde, on a déjeuné, je me suis mis devant la télé un peu pour me reposer, je me suis remis en cuisine, après et là, il est presque 16h30, on vient d’essuyer un très gros orage de grêle et je n’ai pas encore pris ma douche, je ne me suis pas rasé (ce que je ferai pourtant avant la douche) et après, je me préparerai pour sortir à un récital de Sonya Yoncheva en hommage à Maria Callas, à l’Auditorium, à 20h, soit dans un peu plus de trois heures trente, maintenant.

Alors, si je me penche sur ce passé récent depuis ce matin, comme je n’ai pas de garde-fou, je me demande si je ne vais pas tomber dans un puits sans fond. Mais qui sait, peut-être y trouverais-je une certaine vérité. À moins qu’elle ne soit dans la bouche d’un enfant. Sauf que je n’ai pas la possibilité d’avoir un enfant près de moi, dans les heures à venir. Alors, on va garder l’hypothèse du puits. Et en même temps, comme dirait Macron, je ne suis peut-être pas obligé de chercher ma vérité (ou une de mes vérités) aujourd’hui. Surtout dans le temps qui me reste imparti jusqu’à ce que j’aille à ma soirée de gala. D’ailleurs, à ce propos, je me demande comment je vais bien pouvoir m’habiller. Avec le temps qu’il fait, bottes, pantalon et imperméable en ciré et lunettes amphibie seraient de bon aloi.

Alors, ce matin, j’ai acheté des choux de Bruxelles, pour ne pas changer, entre octobre et mars, une fois par semaine, environ ; des carottes, des oranges, du fenouil, du céleri branche et des pommes mais pas des poires, scoubidou-bidou, ouah ! Et puis j’ai aussi cuisiné du boudin pour le président, qui dînera tout seul, ce soir. Mon Dieu, quel sens du sacrifice ! À vrai dire, non, c’est juste que comme je n’aime pas ça, je profite de ma sortie dans le monde pour lui en préparer une poêlée. Alors si ça, ça n’est pas une bonne action. Un geste tout à fait chrétien en ce dimanche élu parmi tous les autres dimanches. Voilà de quoi ravir feue la libido de Christine Boutin qui vient de se retirer de la vie politique. Juste au moment où on parle de harcèlement. En même temps ( !), ce n’est pas de sa faute.