Non, vous n’avez pas la berlue, je n’ai pas mis de « r » à migaine. C’est tout à fait volontaire. Parce que j’avais ça sous le coude depuis un certain temps, maintenant et je voulais en parler. Parler de cette migaine que de nombreuses personnes méconnaissent (la majorité des gens, je crois, même) et je pense que de temps en temps, il est bon d’apprendre des choses aux autres. C’est un peu pour ça qu’on est doués de réflexion, de mémoire, de parole et tout ce genre de choses. Que n’ont pas les fourmis. Je veux dire, qu’elles ne communiquent pas avec des mots. La mère fourmi ne peut pas dire à sa fille numéro 3829 qu’elle va lui expliquer ce qu’est une migaine, par exemple.

Remarquez, moi, il y a moins de trois mois, je n’en avais jamais entendu parler non plus. Et qu’on ne vienne pas me dire que c’est mon côté fourmi qui a voulu ça, non. J’ai eu des migraines pendant 40 ans et je pense que j’en aurais encore même si désormais, ça semble plus sporadique pour ne pas dire aléatoire (à moins que ça ne soit l’inverse) mais des migaines, jamais. Et pourtant, à vrai dire, j’en ai fait sans le savoir. Je suis donc un migaineux qui s’est ignoré pendant si longtemps… Moi, quand j’en faisais, j’appelais ça un appareil. Parce qu’une migaine, ce n’est ni plus ni moins qu’une préparation constituée d’œufs et de crème fraîche pour faire une quiche, par exemple.

Oui, c’est un mot lorrain et c’est pour ça que je ne le connaissais pas parce que je suis poitevin d’origine, naturalisé bordelais mais aquitain dans tous les cas. Si j’avais vécu en Franche-Comté, j’aurais parlé de goumeau. Et si j’avais fait des quiches sucrées, à condition que je sois passé par la Lorraine, avec mes sabots, don-daine, j’aurais dit costarde. C’est dingue, hein, tous les mots pour définir la même chose : un appareil à quiche. En tout cas, ne me remerciez pas, je vous ai appris tout ça par pure générosité. C’est mon côté bénévole qui veut ça. Moi, si je m’étais écouté, je n’aurais parlé de rien du tout. Je n’avais pas envie d’écrire, aujourd’hui. Mais maintenant que c’est fait…