Pour moi, ce n’est pas le président Macron qui a coupé la parole à madame Coudray mais bel et bien l’inverse. Et même si c’était pour la bonne cause du respect du timing, quand on a posé une question à quelqu’un, on attend qu’il ait fini de répondre avant de continuer. Mais ça, les journalistes, ils ne savent plus faire. Le plus important, pour eux, c’est d’avoir la bonne personne en interview, poser des questions politiciennes, parler des petites phrases, balancer un ou deux sujets qui créent de la polémique et surtout, surtout, surtout, qu’on sache bien que c’est eux qui ont la parole. La preuve ? Leur nom fait désormais souvent partie du titre de leur émission.

Ce sont les les « very important people ». Ce sont eux qui savent. Qui savent tout. Qui font tout bien. Qui posent les bonnes questions mais ils ne semblent pas si intéressés que ça par les réponses qu’on serait en droit d’attendre. Sauf que le sujet de la question fait débat. Principalement en leur for intérieur. Ça m’agace un peu. Beaucoup. Passionnément. Cette attitude m’insupporte. Jamais je n’ai entendu un journaliste poser une vraie question de fond à un homme/une femme politique. Et ça ne s’arrange pas avec le temps et le seul souci de faire du buzz. J’en viens à me dire que je ne vais plus en écouter ni en lire un seul. Peut-être m’en porterai-je mieux.

J’imagine très bien l’un d’eux, Bourdin, Brunet, Pujadas, Coudray, Bouleau, Elkabbach, etc… qui serait devant un(e) élu(e) important à qui on demanderait des choses plus nombrilistes les unes que les autres. Et la question finale : « Croyez-vous que Dieu existe ? » Et l’élu(e) de ne pas savoir quoi répondre. Et la bête des médias d’insister : « Si, si, réfléchissez bien : croyez-vous que Dieu existe ? » Et comme la personne interrogée de continuer à ne pas savoir quoi répondre. Principe de précaution, sans doute. Toujours la peur de faire la mauvaise petite phrase. Et le (la) journaliste : « Eh bien si, Dieu existe. Vous voulez savoir pourquoi je suis si affirmatif ? Dieu, c’est moi ! » Amen.