Quand les ombres seront sombres, quand je quitterai ce bal, comme une fumée qui monte, viendras-tu avec moi ?

Et si je vais travailler ailleurs, tu viens avec moi ? Qu’il m’a demandé Lolo Momo, un de mes plus gentils collègues, peut-être le plus sincèrement gentil de tous collègues ou alors, je suis aveuglé par une certaine affection que je ressens pour lui. Et là, je me suis trouvé pris de court. Que répondre rapidement sans être ridicule ni donner l’impression d’une fin de non-recevoir ni faire croire que je n’attends que ça, une proposition de ce genre… Enfin, je veux dire, aussi pleine d’amitié.

Quand le froid prendre la place, de la chaleur de ton corps, quand mon sang se fera glace, viendras-tu avec moi ?

Euh, tu sais, à une condition, que je continue à ne pas travailler l’après-midi. Maintenant que je suis habitué, à mon corps défendant, à travailler mi-nuit, mi-jour, mi-figue, mi-raisin, je pense que j’aurais dû mal à me passer de cette pseudo qualité de vie du grand reste de la journée. Sauf que je m’écroule de lassitude, comme c’est de plus en plus souvent le cas. Mais peu importe. Je vais me remettre à la gym, je viens de négocier avec un coach et tout et tout… alors, l’après-midi, c’est sacré.

Quand se tariront mes sources, quand s’écouleront mes eaux, vers des terres bien plus douces, viendras-tu avec moi ?

Non, ce n’est pas ça que j’aurais dû lui répondre. J’aurais dû attraper le coche et lui rétorquer, immédiatement, sans lui laisser le temps de respirer : « Mais tu n’y penses pas, je suis un homme marié, moi. » Et là, je pense qu’il n’aurait pas su trop quoi répondre. Si ce n’est que ce n’était pas le fond de sa pensée. Ben oui, mais moi, si j’en ai en arrière, des pensées, comment je fais ? Alors, le mieux, c’est de le laisser revenir sur le sujet et voir ce qu’il a vraiment dans la tête.

Quand la mort sera plus belle, que n’aura été ma vie, me resteras-tu fidèle, viendras-tu avec moi 

(Chanson Viendras-tu avec moi empruntée à Nilda Fernandez, album éponyme de 1991)