Bon, c’est ma dernière journée, encore une fois. La dernière journée avant la reprise. Celle du condamné à ses risques et périls. Cela mérite-t-il une cigarette avant d’y retourner ? Non merci, je ne fume pas. Pas même la moquette. Juste un peu de saumon, de temps en temps…

D’ailleurs, à propos de saumon, pendant que j’étais en vacances, sur la Costa Brava, dans notre hôtel, il y avait des petits déjeuners assez exceptionnels par leur variété et la qualité des produits. En particulier, du saumon fumé, puisqu’il en était question au précédent paragraphe.

D’accord, le saumon fumé, c’est bon même dès le matin mais ce qui était vraiment sympa et très, très agréable, c’était le champagne qui allait avec. Comme j’avais déjà eu en Sicile, à Taormina, pour être très précis. Sauf que là, ça n’a eu lieu que deux fois en six jours. Comme la guerre ?

Moi, le champagne dès l’entrée dans la salle du petit déjeuner, je trouve ça vraiment très classe et ça passe très, très bien. Je n’en abuse pas non plus, je ne suis pas comme ça mais franchement ? Ça réveille vachement bien. Alors que là, aujourd’hui, veille de ma reprise… non, c’est trop dur.

Ce matin, je n’ai pas eu le cœur d’en ouvrir une bouteille même pour oublier. Oublier que nous étions lundi et que la nuit prochaine, vers 3h30, j’entendrai mon réveil me rappeler à l’ordre. Et là, si je vois du saumon fumé, ce sera dans les stocks, pas dans mon assiette. Hélas, hélas, hélas !...

Alors, aujourd’hui, après avoir fait mes courses du lundi matin, je vais profiter de cette météo alternative : un peu de soleil et des grosses averses pour me la couler douce et en faire le minimum. Comme le syndical. Mais non, je ne voulais pas en parler, là, des grévistes, alors, je m’abstiens.

Je bouquine, je regarde la télé, je fais de l’ordinateur et je me dis que franchement, avec trois ans de plus, je serais déjà en retraite ou en chômage de pré-retraite et ça, ça me fait mal. Alors, entre boire pour oublier ça et fumer une dernière cigarette, ça ne sera ni l’un ni l’autre. Juste mon mal en patience.