Bon, il est presque 13 heures (elles sont presque 13, les heures) et si je calcule bien, il ne me reste que dix minutes, environ, pour écrire mon billet du jour et prendre ma douche. Il n’y aura donc pas de préliminaires. Ou alors, il n’y aura que des préliminaires. Pour les liminaires, on verra une autre fois, un jour où j’aurai un peu plus de temps. Et où je ne serai pas obligé de prendre une douche dans un certain affolement parce que là, il faut que je sois à 14h pétantes chez le patron où une voiture avec chauffeur va venir nous chercher afin de nous emmener chez Mercedes, à Bègles. Et là, je pourrai dire que les vacances ont vraiment presque commencé.

Oui, parce que pour partir sur la Côte de la Bravitude (la Costa Brava), nous avons décidé de voler une berline qui sera plus confortable que la voiture actuelle du patron, une Volvo bien trop basse pour des gens comme nous, qui aimons l’altitude, surtout en vacances. Et l’autre jour, on a vu une Mercedes qui ferait tout à fait l’affaire alors, on s’est regardé, un peu discrètement mais de façon un peu appuyée quand même et nous nous sommes fait un clin d’œil mutuel de façon virtuelle. On y retournera un jour et on se servira. Je connais une dame qui travaille là et elle ne dira rien. Et avec cette voiture qui n’est ni à lui ni à moi, nous prendrons la route dimanche et ça sera très bien comme ça.

Non, en vérité, on nous la prête mais il nous faut bien aller la chercher et il faut bien remplir des papiers et montrer patte blanche et permis rose. Alors, nous avons rendez-vous à 14h30 et donc, maintenant, qu’il est déjà presque 13 heures 10 (le président ne fait que m’interrompre et du coup, je n’avance pas, moi), il va falloir que je fasse fissa en bon fils que j’espère être. Parce que je ne pourrai décemment pas m’asseoir dans une voiture probablement plus que nickel chrome sans avoir été rasé, douché, coiffé et slip et dents propres. Alors, comme je déteste être en retard (je suis toujours en avance sur mon temps – ce qui n’empêche pas d’aimer une certaine nostalgie), je vais donc y aller. Tant pis pour le billet du jour.