La sentence est tombée brutalement : au réveil, cette nuit, en allant travailler, j’ai tranché dans le vif du sujet et j’ai donné le verdict de mes délibérations. Ça n’a pas été simple et j’ai dû fermement batailler pour atteindre mon objectif. Finalement, c’est lors d’un vote à main levée que je me suis obtenu tout seul la majorité non seulement relative mais surtout, absolue. Aujourd’hui, je serais donc condamné à un jour de réclusion. À perpétuité. Jusqu’à ce que nuit s’ensuive. Parce que c’était la meilleure peine que je pouvais m’infliger. Le reste n’aurait été que de l’opérette et tout le tralala.

Si je veux m’en sortir et retrouver une dignité comme celle que j’ai connue avant, il me fallait me reclure une journée. Hormis le temps passé à mon travail, ce matin, cet après-midi serait donc consacré à rester enfermé chez moi. Pas de visite en ville, pas de courses je ne sais plus où pour acheter je ne sais quoi et pas de temps passé, parfois perdu dans des trajets compliqués entre le vélo, le tram, les autres passagers, les automobilistes que je croise quand je pédale et tous ces piétons les yeux rivés à leur téléphone quand ils marchent et que je dois éviter, moi.

M’isoler définitivement du monde le temps de ces quelques heures post-méridiennes ou postprandiales. J’espère juste que je ne serai pas déranger par des visiteurs inopportuns ou par des appels téléphoniques tout aussi invasifs et inutiles. J’ai besoin de me retrouver, j’ai besoin de silence et j’ai besoin de quiétude. Pour tenter de dormir un peu et tenter de récupérer un peu de cette crève qui m’a abattu alors qu’elle n’était même pas en légitime défense. Alors voilà, si tout le monde a bien compris mon message et la sentence que je me suis infligée : maintenant, chut, plus un mot.