Pour beaucoup d’enfants et d’adolescents, aujourd’hui, c’est le jour R. Le jour de la rentrée. Il fait gris, il pleut, il automne et ça tombe pile poil pour coller avec le sentiment que les vacances sont bel et bien finies. Pour ma part, c’est ma dernière semaine avant quinze jours de congés mérités comme jamais. Il n’empêche que moi, le jour de la rentrée des classes, j’aimais bien ça quand j’étais scolarisé. Que ce fut en primaire, au collège ou au lycée.

Pourquoi j’aimais ça le premier jour d’école ? Parce que j’adorais particulièrement remplir la fiche de renseignements que nous demandaient instituteur et professeurs. Afin de mieux nous connaître, nous disaient-ils. Et j’ai le souvenir, surtout à partir de la sixième car finalement, je me demande si nous remplissions ce document en primaire… tout d’un coup, un doute m’habite. La mémoire commencerait-elle à me jouer des tours de magie ?

En sixième, je sais que quand il a fallu dire ce que j’aimerais faire plus tard, j’ai écrit : instituteur. Mais ça n’a pas duré car dès la cinquième, comme j’ai beaucoup aimé ma première année d’anglais, j’ai annoncé que je voulais être professeur d’anglais. Ça n’a pas duré non plus car en 3ème, après une première année d’espagnol, je vous le donne en mille… je voulais être professeur d’espagnol. Finalement, j’ai été très caméléon et donc influençable.

À partir de la première, comme les cours de français me plaisaient vraiment beaucoup et que j’ai découvert l’immense univers de la littérature, j’ai eu envie de devenir professeur de français mais pas tant pour la grammaire et l’orthographe que pour la poésie, le théâtre et les romans. À l’époque, je ne connaissais pas l’expression « lettres modernes » mais j’aurais facilement pu l’utiliser, si j’avais su. J’étais jeune et un peu ignare pour ne pas dire innocent.

En terminale, j’ai découvert la philo, comme tous mes camarades et là, je me suis dit que ça pouvait être sympa aussi. Mais je n’ai pas continué après le bac et personne ne m’a jamais demandé ce que je voulais faire, ensuite, du moins pas comme on nous le demandait à l’école. Alors, je me suis abstenu et comme je n’ai pas voulu poursuivre mes études, je suis entré dans la vie active dès que j’ai pu trouver un boulot. Et je n’ai jamais rencontré de vocation.

En même temps, j’ai été heureux dans ma vie professionnelle, pendant près de vingt-cinq ans, c’est déjà ça. Mais là, avec le recul, je sais aujourd’hui qu’il y a des métiers que j’aurais aimé pratiquer si on m’avait aidé à réfléchir plus précisément sur mon avenir, à l’époque : photographe, encadreur, metteur en scène de théâtre… Ce n’est pas grave car quoiqu’il arrive, même si j’ai toujours aimé les jours de rentrée des classes, j’ai toujours préféré l’heure de la sorti-ie.

Parce que l’heure de la sorti-ie, tout au long d’l’anné-ée, c’est l’meilleur moment d’la journée. Et vous savez quoi ? Là, je vais vous confier quelque chose de vachement intime. Peut-être que ça va en surprendre plus d’un pour celles et ceux qui ne me connaissent pas ou peu : je suis capable de vous la chanter par cœur, cette chanson et même mieux : avec un peu d’entraînement, je peux même vous faire la chorégraphie. Alors hein ? L’heure de la sorti-ie, tout au long d’l’anné-ée…