Ça me pendait au nez, comme une crémaillère au milieu de la figure et ça m’est tombé dessus comme on tombe amoureux, subitement, d’abord sans bien réaliser et après, ça devient obsessionnel sauf que pour moi, ce n’était pas dans le sens positif du terme. Non, quand j’ai appris qu’on avait de nouveau une licence pour notre logiciel professionnel, je me suis tâté et je n’ai finalement pas hésité longtemps : j’allais travailler la nuit pour rattraper la journée de retard. Je n’avais pas d’autre choix. J’ai préféré sacrifier ma nuit de jeudi à vendredi que de perdre trop de temps samedi (demain) avec ma soirée de crémaillère et mes invités et tout et tout…

Alors, si j’ai bien tenu le coup jusqu’à maintenant (il est quasiment 18 heures pétantes), j’avoue que là, j’ai comme un coup de mou. J’ai beau avoir dormi à peine trois heures ce matin, en débauchant, là, après les dernières courses qu’il me restait à effectuer et passer chez le traiteur, chez le patron et revenir en voiture dans les embouteillages, je suis un peu à côté de mes chaussures. Cette soirée de crémaillère, demain, si elle avait lieu aujourd’hui, j’en serais totalement incapable. Ça ne serait pas une soirée en grandes pompes ou alors, à côté de mes grandes pompes. C’est ça que vouloir vivre le jour et la nuit. Surtout quand on n’est plus de la première fraîcheur. À ce propos, il fait chaud, non ?

En tout cas, là, ça prend vraiment une tournure concrète : le frigo qu’on m’a prêté se remplit petit à petit, nous avons récupéré vingt assiettes chez le patron et le champagne s’annonce pétillant mais frais (ou l’inverse…) La seule chose qui reste une inconnue digne de celles des exercices de mathématiques, c’est la crème que j’ai prévue. Est-ce qu’on va la déguster chez moi ou carrément autre part. Dans un ailleurs qui reste d’ailleurs à définir (la répétition est volontaire, je le précise au cas où…) Parce que ça, ça reste la seule et dernière question importante en prévision de cette soirée de demain : prendre la crème ici ou la prendre la crème ailleurs ? Je vais aller y réfléchir allongé.