Vous savez quoi ? Il y a des jours où il n’y a rien qui va. Ça a commencé par le fait que je doive me lever plus tôt que d’habitude car depuis le début de la semaine, la facturière de nuit est malade et comme nous sommes déjà en effectifs réduits car 1/3 du personnel de jour est en vacances, qui c’est qui s’y est collé ? C’est bibi. C’est chéri bibi ! Donc, depuis 3 matins, je fais son travail et je fais le mien, le tout en un temps plus nocturne que diurne et je suis sur les rotules, comment veux-tu, comment veux-tu ?...

Mais ce matin, il y a eu un handicap de plus pour venir travailler. Le pont Chaban-Delmas, près de chez moi, était fermé car il est plus que probable qu’un bateau avec des oisifs en vacances ait dû le franchir et donc, dans ces cas-là, il est interdit à la circulation pendant 1h30 à 2h. J’ai donc dû faire un détour par le pont d’Aquitaine et bon, ça allait parce que ça roulait bien mais j’ai l’impression d’avoir fait des tas de kilomètres en plus alors que si ça se trouve, j’ai même mis moins de temps que d’habitude, par mon chemin normal.

Bref, je suis arrivé au travail à 2h20, environ (à moins qu’il n’ait été 2h21 environ…) et là, alors que j’avais un peu de motivation pour attaquer toute la saisie de nuit avant de faire mon propre travail, on m’a accueilli en me disant que « Oh putain, quand tu vas le savoir, tu vas être en colère. Ça va certainement t’énerver, tu ne peux pas savoir… » Je ne savais évidemment pas de quoi il retournait et j’ai déjà été agacé de l’entrée en matière et de l’espère de satisfaction de celui qui m’a annoncé ça à attendre une réaction un peu vive de ma part.

J’ai très peu réagi. Du moins, en apparence mais chez moi, elle peut être trompeuse, je suis capable d’intérioriser, parfois malgré moi. J’ai bouilli en mon for intérieur. J’ai cassé mentalement la gueule à tous ceux que je trouve plutôt plus que moins incompétents, dans l’entreprise et je suis venu m’assoir dans mon bureau pour allumer mon ordinateur (oui, je suis un allumeur, tous les matins de bonne heure) et voir si ce qu’on m’avait dit était avéré. Avec un peu de chance, je n’aurais pas été touché par ce nouveau problème…

Eh bien si, moi aussi. Finalement, je ne suis pas si marginal que ça. Je fais bel et bien partie du groupe, de la masse et de cet ensemble que nous formons d’une façon pas toujours harmonieuse, au travail. Moi aussi, j’étais dans l’incapacité d’ouvrir notre logiciel de gestion. Chez moi aussi, la date de validité était dépassée sur le serveur pour les licences temporaires ou de secours. Moi non plus, je n’allais pas pouvoir me mettre à bosser. Et moi surtout, je me suis levé très tôt pour rien alors que j’aurais pu rester deux à trois heures de plus au lit.