Moi, dimanche j’ai rempli deux récipients d’un litre et lundi, j’ai eu du mal à arriver au bout d’un seul (boudin seul ?) mais je n’ai pas voulu en ajouter aux concerts de critiques alors, je me suis contenté de bougonner en mon for intérieur. Finalement, ça y ressemblait aussi, un presque mûr et ses lamentations même si ces dernières étaient plus refoulées. En tout cas, on a quand même battu le record de la semaine précédente. Et ça restera ainsi car je ne retournerai pas à Biscarrosse avant un mois, peut-être quelques jours à mon retour d’Espagne, après la mi-septembre, qui sait ?

Lundi, j’ai nettement moins bien rempli ma besace de ces petites baies noires mais parfois pas trop car elles tirent encore un peu sur le rouge. Il y en avait moins sur le chemin choisi par Claude et contre bon cœur, mauvaise fortune (non, c’est l’inverse), j’ai décidé de rester seul dans mon coin à cueillir ce qu’on attendait de moi et pour ne penser à rien d’autre, j’ai décidé de compter chaque mûre que je mettais dans ma bouteille coupée. Sauf que  j’ai été interrompu par l’arrivée du Patron et de Claude, tout le monde s’est retrouvé au moment où j’atteignais 216 et après, il me fut impossible de poursuivre mon inventaire.

Du coup, je ne sais pas combien j’en avais. Quand on sait (quand on me connaît, on le sait) que je suis capable de compter le nombre de noisettes qui entreraient dans la piscine de ma tante Nicolle ou le nombre de lentilles dans un paquet de 500 grammes ou la distance que représenterait tous les grains de 500 grammes de riz mis bout à bout… Oui, quand je suis seul, je compte tout ce que je fais. Et comme j’approche de la soixantaine, on peut dire que quand je suis un mûr solitaire. Et à quoi ça sert un mur tout seul au milieu de nulle part ? À rien. Allez donc le dire à Donald. Trump, pas l’autre.