De nouveau sur Biscarrosse pour deux nuits et quelques jours, en tête à tête avec Claude, le patron et parfois Pierre, je suis retourné avec eux aux mûres chaque matin. Avec eux et avec les chiens mais sans Pierre. À peine le petit déjeuner avalé, il nous a suffi de nous faire une légère beauté et nous avons pris le chemin pour la cueillette de ces petits fruits parfois bien difficiles à attraper. À cause des épines de leurs propres tiges mais aussi de celles des ajoncs et de quelques autres végétaux peu avenants et sans aucune empathie pour nous.

Dimanche matin, ce fut royal. Ou divin. Plutôt divin puisque nous étions le jour du seigneur des autres. Et là, nous avons fait une belle récolte en prenant le chemin à droite très rapidement après un chemin à droite. Et là, ce ne furent que mûres mûres et nous n’avions qu’à tendre le bras et deux doigts pour en remplir nos récipients. Ce qui fut fait à vitesse grand V. Mais ça n’était pas forcément du goût de Claude qui a eu tendance à rouspéter un peu et qui n’a eu de cesse de nous dire que non, ça n’était pas génial jusqu’à ce qu’il dise qu’il était fatigué et nous sommes alors rentrés.

En une heure, près de trois kilos. Pourtant, les chiffres étaient bien la preuve que nous étions au bon endroit. Là où il fallait être. Mais non, lundi matin, belote et rebelote, là, après le premier chemin à droite, nous sommes allés tout droit jusqu’au bout et là, nous avons pris à gauche jusqu’aux rochers. Et là, en une heure trente, nous n’avons cueilli que la moitié de ce que nous avions pris la veille. Et cette fois, c’est le patron qui râlait un peu. Ils ont tous les deux soixante-dix ans passés et chaque jour, nous avons donc eu droit aux mûrs et leurs lamentations.