Franchement, négocier des revendications avec une poignée de grévistes un jour férié comme le 15 août, décidément, les syndicats ne sont plus ce qu’ils étaient. Et on peut se demander s’ils ont encore conscience d’avoir été. D’avoir connu leur heure de gloire. Oui, en même temps, faire grève en août, avant tout le monde, en septembre, ça a malgré tout un certain panache. Celui du désespoir, certes mais on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a et quand on a peu, on peut peu.

En tout cas, vous allez pouvoir juger par vous-mêmes car voici les principales demandes des représentants du personnel que j’ai rencontrés, ce matin : prime de risque pour les neurones parfois en surchauffe, prime de blanchiment d’idées noires, onzième mois et intéressement aux bénéfices de l’ordre d’un euro cinquante le paragraphe. Je vous passe sous silence la revendication du plus vieux de mes employés : la semaine des quatre jeudis. Non mais, hein, vous ne trouvez pas ?

La seule chose que j’ai acceptée, pour l’instant, c’est de continuer à ne pas régulariser tous les clandestins qui composent mon petit personnel, c’est-à-dire environ 100%, peut-être un peu plus mais à peine car après, je crains d’avoir des contrôles de l’URSSAFF et de je ne sais quelle autre entité sociale. Déjà, j’ai réussi à faire rayer le panier repas (je ne publie jamais aux heures où tout le monde est censé manger et si d’aucuns lisent mon blog à ces heures-là, c’est leur problème, pas le mien !)

Bon, si je reprends les éléments de contestation encore en suspens : prime de risques pour les neurones en cas de surchauffe. Ils ont toujours été un peu en surrégime, les miens, alors, un peu plus ou un peu moins… c’est vraiment pour faire chier le monde, leur demande, là. Prime de blanchiment d’idées noires. Comme si je publiais encore des billets d’humeur triste. Non, pas depuis longtemps, en tout cas. Des billets d’humeur maussade voire de mauvaise humeur, oui mais et alors ?

grève générale

Un euro cinquante le paragraphe et pourquoi pas un billet de trente euros, aussi, pendant qu’on y est. Les temps sont durs pour tout le monde et même pour moi qui n’ai pas été augmenté dans mon travail depuis le 1er août 2006, alors hein ? Et enfin, un onzième mois ! Il y en a déjà douze ! Pardon ? Ah non, vous ne voulez travailler que onze mois ? Non, pas question. Pas de façon contractuelle. On verra, ils auront déjà une semaine de vacances en septembre, promis, juré, craché.