Dans le cadre de « La France est fermée pendant le mois d’août », je vais régulièrement vous présenter des billets un peu plus légers que d’habitude, histoire de se détendre les bouts de gras. Ou quelque chose comme ça. D’ailleurs, vous l’avez remarqué, j’ai commencé avec la Complainte de Rutebeuf, avant-hier et aujourd’hui, nous allons évoquer l’un de nos plus grands humoristes du vingtième-siècle : Charles de Gaulle. Oui, vous avez bien lu : Charles de Gaulle.

Plus connu sous le pseudonyme de « Général de Gaulle » on le connaît surtout pour être l’une des plus grandes figures de l’histoire française voire mondiale. La preuve, rien que dans son pays qui est également le nôtre, il existe maints et moult endroits, lieux et artères qui portent son nom : place, rue, avenue, boulevard, aéroport, épicerie bio, lac, pays voire planète. C’est dire sa grandeur. On n’ose imaginer le nombre d’amis qu’il aurait eus sur Facebook et de followers sur Twitter.

Né à Lille, rien ne le prédestinait à être drôle surtout qu’il allait mourir à Colombey-les-Deux-Églises. Encore moins le fait d’avoir été un militaire hors-pair, un résistant parmi les meilleurs, un homme d’état digne de ce nom, un écrivain autobiographe et un époux probablement modèle. La première fois où on a découvert qu’il pouvait faire rire, c’est en mai 1968 et quand il a engagé son mandat dans un référendum qu’il a perdu en 1969, c’est le jeu, ma bonne Yvonne (c’est sa femme) !

On peut aussi souligner le fait que s’appeler De Gaulle dans un pays qui s’appelle la France, c’est déjà assez drôle. Car il aurait pu alors s’appeler De France, comme Cécile. On aurait alors dit : impasse Charles de France mais ça aurait pu porter à confusion. Imaginez : « Impasse Charles de France ? Charles le vieux ? Non Charles neuf ! » Vous, je ne sais pas mais moi, ça, ça me fait rire. Du moins, sourire. À défaut de grives, on mange des merles, comme on dit.

Maintenant, pour ce qui est de ses bons mots, au Général, est-ce que c’est dû à son statut ou son état de militaire qu’il avait parfois (voire souvent) l’esprit à la gaudriole ? En tout cas, il avait le sens de la formule sans oublier celui de l’autodérision. Alors qu’il venait de se faire opérer de la prostate, n’a-t-il pas déclaré au Figaro : « Avant, les français me regardaient comme si j'étais la France ; maintenant, ils savent que je suis incontinent. »

J’aime aussi beaucoup sa sortie sur l’égalité des français : « Tout Français désire bénéficier d’un ou de plusieurs privilèges. C’est sa façon d’affirmer sa passion pour l’égalité. »Et celle sur la fonction des marins : « C’est utile la Flotte ! Quand ça va mal, les marins descendent à terre et rétablissent l’ordre. Quand ça va bien, les marins descendent à terre… et engrossent les filles. » ou comment joindre l’utile à l’agréable. Et encore, visionnaire : « Je ne vais pas mal, mais rassurez-vous un jour je ne manquerai pas de mourir. »

Trois derniers pour la route : « Moi, qui ne suis pas convenu d’appeler un rigolard… savez-vous ce que je fais quand j’ai envie de rire ? … Eh bien ! Je lis… Le Monde ! » « Des chercheurs qui cherchent, on en trouve ; des chercheurs qui trouvent, on en cherche. » et enfin, à propos du poujadisme : « De mon temps, les épiciers votaient pour les notaires. Mais voilà qu’aujourd’hui… les notaires se mettent à voter pour les épiciers. » Quand je vous le disais que c’était un comique, le Général !...