On dirait que ça y est. L’été serait de retour. Non. L’été est de retour.  J’en veux pour preuve la chaleur accablante qui nous a envahis depuis ce matin. Une chaleur particulièrement chaude. Surtout au soleil. Et même un peu à l’ombre. Qui nous donne envie de se mettre à l’eau. À l’eau ? Ici l’ombre… les carottes sont cuites et le plafond fond comme les petites marionnettes… qui fondraient à vue d’œil si on les avait laissées dehors.

C’est l’été qui est de retour. L’été, cette année, c’est une saison qui dure deux ou trois jours avant de disparaître et de revenir après une absence d’une semaine ou deux. Du coup, on ne sait plus comment faire. On n’a pas pu complètement ranger les affaires d’hiver et aujourd’hui, on le ferait bien volontiers mais on sait déjà que le prochain week-end, ça risque de ne plus être la même saison. De toute façon, il n’y en a plus, ma bonne dame.

C’est l’été, pas du tout indien. Est-ce vraiment normal ? Parce qu’on sait qu’un été indien vaut mieux que deux, tu l’auras. Mais non, ici, deux tu l’auras, orage, ô désespoir, quand il fait trop chaud comme ça, il n’y pas cinquante solutions possibles : voir mourir une partie de tous nos vieux ou entendre le tonnerre gronder de plus en plus près. Et là, il faut penser à se mettre à l’abri comme maintenant à 14h15, alors que ça cogne dehors.

C’est l’été qui cogne. On appelle ça un cagnard. Et quand l’orage éclate, c’est un conflit de cagnard. Dans tous les cas, il faut se mettre à l’abri. Et il vaut mieux le faire entièrement plutôt que ne se mettre à l’abri qu’au tiers. Là, je vais donc en profiter pour bouquiner un peu avant d’aller en ville. Parce que je le dois, question d’honneur (c’est ce que je dois, d’honneur) sinon, je m’en serais passé mais il y a des fois, on n’a pas le choix des armes.

C’est l’été qui est revenu. Comme le temps du muguet. Comme le bon vieux temps des fleurs. Quand on ignorait la peur. Sauf que là, j’ai peur d’avoir trop chaud. On nous annonce un risque de canicule de combien sur l’échelle de Richter ? Non, ne me le dites pas, j’aime autant ne pas savoir. Quand j’ai trop chaud, j’ai trop chaud et puis un point, c’est tout. Je suis bien obligé de faire avec. Alors… Alors ? Alors, c’est exactement ce que je vais faire : avec.