En y repensant sans être dans le même émotionnel que le jour même, voire sans être du tout dans l’émotionnel, je me demande si la baffe que j’ai prise l’autre jour, finalement, c’est peut-être parce que je dois être, quelque part, je dois être, comment dire, je dois être une tête à claques. Mais ce n’est pas une raison. Parce que j’en connais qui le sont encore  bien plus que moi et qui pourtant, n’en reçoivent jamais des mains sur la figure. Je ne dirai pas qui, je ne suis pas comme ça, moi, mais suivez mon regard pour celles et ceux qui peuvent voir dans quelle direction se tournent mes yeux.

Après, encore une fois, ce n’est pas une raison. Sinon, on peut aussi avoir un couteau sur soi ou un pistolet et s’en servir à la moindre occasion : une priorité mal respectée ou forcée, un regard jugé trop appuyé – « qu’est-ce que t’as, tu veux ma photo ? » – une cigarette refusée – « mais puisque je vous dis que je ne fume pas » « ta gueule, t’avais qu’à avoir un paquet de clopes sur toi quand même pour ceux qui t’en demandent ! » - ou encore, ne pas laisser sa place à la caisse du supermarché… Oui, je sais, certains l’ont déjà fait, ça. C’est bien là le problème. Quasiment insoluble. À moins que…

À moins que… une bonne guerre ? Non, quand même pas. Un parti extrémiste voire dictatorial au pouvoir ? Je ne suis pas sûr non plus. Non, je crois que c’est vraiment insoluble. On est sur une pente glissante et il me semble impossible d’envisager être capable de remonter à la surface, là où le monde serait meilleur, les gens civilisés et respectueux. Évidemment, en disant ça, on va me taxer de réac parce que je dois penser que c’était mieux avant. Eh bien, allez-y, de toute façon, je ne suis plus à ça près. Oui, je dois être réac. Et oui, je suis une tête à claques. Il faut me prendre comme je suis.